Date de mise en ligne : 24/11/2009.
L'édito
Tout a été dit et écrit sur la qualification de la France au mondial 2010. Plus que la faute du joueur ce sont les réactions qui ont choqué. Réactions des joueurs, de l'entraineur, du président de la fédération qui ont elles mêmes entrainé l'indignation de ceux qui au quotidien prônent les valeurs de fair play , de respect, de maitrise de soi. Les français à 81 % considèrent la cette qualification n'est pas méritée et 88 % pensent que T Henry n'a pas eu raison de contrôler la balle avec la main (sondage intitut opinion way).
En quelques heures, la main d'Henry est devenue une affaire d'Etat. Un Etat dont les représentants ont hésité sur la communication à tenir. Entre les déclarations d'après match de R Yade, celles de C Lagarde le lendemain matin sur les ondes, c'est finalement le discours de la séparation des pouvoirs qui l'a emporté. « Le pouvoir politique ne peut se substituer au pouvoir sportif ».
Et pourquoi ?
En France les fédérations en application des articles L 131-14 et L 131-15 du code du sport reçoivent délégation de l'Etat pour « Organiser les compétitions sportives à l'issue desquelles sont délivrés les titres internationaux, nationaux, régionaux ou départementaux ; et procéder aux sélections correspondantes « . En bref la fédération dont la délégation est régulièrement renouvelée n'est que le bras armé de l'Etat.
Au nom des valeurs éducatives du sport, de l'image de la France à l'international, du lien naturel entre les droits de l'homme et le sport (comme le soulignait R Yade lors de son discours de prise de fonction), l'Etat aurait-il du intervenir pour rappeler à la fédération française de foot que la fin ne justifie pas les moyens et que pour continuer à satisfaire l'article 1 du code du sport « Les activités physiques et sportives constituent un élément important de l'éducation, de la culture, de l'intégration et de la vie sociale », il était préférable de rejouer le match ? Nous le pensons.
Avec une telle attitude déjà adoptée par le passé par quelques grands joueurs et entraineurs, la France (et notre secrétaire d'Etat) se positionnait à jamais et au niveau international comme le porte parole du fair-play, du respect et des droits de l'homme.