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Accueil > Sports et territoires > Les manifestations > 1999 : Quelles orientations pour les politiques sportives ?

Macon 29 30 novembre 1999

Ouverture

Maurice Pujol, Président de sports et territoires
Alain Mouchel, Conseiller au cabinet de Madame la Ministre de la Jeunesse et des sports.
Michel Rognard, Président du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale, Maire de Mâcon.

Conférence plénière
Quelles orientations pour les politiques sportives ?
Xavier Allouis, La lettre de l'économie du sport

 

Sport compétition Sport spectacle

Atelier pratique n°11 : Equipements, matériel, sécurité, normes : La nouvelle réglementation des terrains de football.

François Prat

I – POURQUOI UNE MODIFICATION DU REGLEMENT DES TERRAINS DE LA F.F.F. ?

  • l’évolution des lois du jeu et règlements internationaux,

  • l’évolution de la législation en France (Loi sur le sport, hygiène, sécurité),

  • les mutations dans la pratique du football,

- le vieillissement des installations sportives,

  • l’amélioration des conditions d’accueil des pratiquants et des spectateurs,

  • la concertation avec les autres fédérations sportives.

II – LES PRINCIPES GENERAUX DU REGLEMENT DES TERRAINS DE LA F.F.F.

  • quels terrains doivent être "classés" par la F.F.F. ?

- les cinq catégories de classement,

- les critères intervenant dans le classement,

  • la sécurité,

  • les médias,

  • les éclairages.

III – LES PRINCIPALES EVOLUTIONS DU REGLEMENT

  • aire de jeu,

  • vestiaires,

  • tribunes,

  • équipements de sécurité.

IV – LA PROCEDURE ADMINISTRATIVE DE CLASSEMENT D’UN TERRAIN PAR LA F.F.F.

  • composition d’un dossier,

  • contrôle,

  • durée de validité du classement,

  • changement de catégorie.

V – LES INTERVENTIONS D’AIDE ET DE CONSEIL DE LA F.F.F.

VI – CONCLUSION.

Atelier pratique n°11 : Equipements, matériel, sécurité, normes : Le référentiel de contrôle des équipements sportifs collectifs. : Equipements, matériel, sécurité, normes : Le référentiel de contrôle des équipements sportifs collectifs.

Brigitte Ruef

I – POURQUOI UN REFERENTIEL ?

1 – Besoins exprimés par les collectivités et les observatoires de la sécurité.

2 – Critère unique : la sécurité.

II – QUELS EQUIPEMENTS CONCERNE-T-IL ?

III – QUI POURRA L’UTILISER ?

IV – QUI TRAVAILLE POUR LE REALISER ?

V – QUELLE CONCERTATION SUR CE REFERENTIEL ? QUEL STATUT ?

VI – COMMENT SERA-T-IL DIFFUSE ?

VII – SERA-T-IL OBLIGATOIRE ?

VIII – CALENDRIER

Atelier pratique n°11 : Equipements, matériel, sécurité, normes : La sécurité dans les stades. : Equipements, matériel, sécurité, normes : La sécurité dans les stades.

Guy Piera

I – LE DESENGAGEMENT DE L’ETAT : UNE REVOLUTION JURIDIQUE ACCOMPLIE

  • Loi Brédin – 1992.

  • Loi Alliot-Marie – 1994.

  • Loi Pasqua – 1995 + circulaire 1994.

  • Décret du 31 mai 1997 et arrêtés connexes.

  • Nouveau Code Pénal.

II – DIFFICILE GESTATION POUR UNE REVOLUTION CULTURELLE

  • Les difficultés d’adaptation des représentants de l’Etat.

  • La frilosité de certains organisateurs.

  • Les sources de conflit.

  • La jurisprudence.

  • Vers de solutions négociées.

III – LA NOUVELLE APPROCHE DE LA SECURITE DANS UN STADE.

  • Utiliser une enceinte appropriée et ordonnée.

  • Accueillir, guider et contrôler la foule.

  • Porter assistance et secours à tous les participants au rassemblement.

Atelier pratique n° 12 : Soutien, financement, subvention, fiscalité : Les différentes sources de financement des clubs sportifs et leur fiscalité. : Soutien, financement, subvention, fiscalité : Les différentes sources de financement des clubs sportifs et leur fiscalité.

Emmanuel Bayle

INTRODUCTION

La relation sport sport et fiscalité : une histoire faite d’incompréhensions.

Les nouvelles mesures des instructions du 15 septembre 1998 et du 16 février 1999.

I – LES NOUVEAUX CRITERES DE LA LUCRATIVITE

1 - La gestion désintéressée : un pavé dans la mare.

2 – La notion de concurrence : une analyse restrictive.

3 – La règle des "4 P " : une large marge d’interprétation.

II – LES CONSEQUENCES EN MATIERE D’IMPOSITION DES RECETTES. 

1 – La situation des clubs professionnels, de loisir et de tourisme : un régime fiscal quasi-plein.

2 – La situation des autres associations : un régime fiscal dérogatoire sous conditions.

CONCLUSION

Atelier pratique n°13 : Personnel, formation, statut, responsabilité, emploi : Le statut de sportif de haut niveau. : Personnel, formation, statut, responsabilité, emploi : Le statut de sportif de haut niveau.

Jérôme Rouillaux

INTRODUCTION

Rappel sur :

  • Le dispositif national du sport de haut niveau ;

  • La reconnaissance du caractère de haut niveau des disciplines sportives.

  • Les compétitions de références.

  • La liste des sportifs de haut niveau.

  • Les filières du haut niveau.

Les partenaires du dispositif national du sport de haut niveau : le réseau national du sport de haut niveau.

I – LA QUALITE DE SPORTIF DE HAUT NIVEAU ET LES DROITS ET OBLIGATIONS EN DECOULANT

A – La qualité de sportif de haut niveau s’obtient par l’inscription sur la liste arrêtée par le ministre chargé des sports :

. procédure d’inscription sur la liste des S.H.N. ;

. procédure de radiation de la liste.

. inscription dans les catégories Elite, Senior, Jeune ou Reconversion.

. définition des liste espoirs et partenaires d’entraînement.

B – Les droits et obligations des S.H.N. découlant des textes et les aides qui leur sont accordées :

. la loi de 1984 précise les aménagements ouverts aux S.H.N. pour leur permettre de concilier pratique sportive de haut niveau, formation et intégration professionnelle,

. la charte du sport de haut niveau précise les doits et obligations des sportifs de haut niveau,

. le dispositif des filières de haut niveau.

. les aides mises en place par l’Etat (financières, formation, insertion professionnelle et emploi).

II – L’INSCRIPTION DANS LA LOI DES DROITS ET OBLIGATIONS DES SPORTIFS DE HAUT NIVEAU

Les droits et obligations des sportifs de haut niveau dans le projet de loi.

CONCLUSION

Vers un nécessaire réajustement du dispositif qui prendra en compte les évolutions de la pratique de haut niveau.

Atelier pratique n° 15 : L’Europe et le sport : Les incidences du droit communautaire sur l’organisation du sport en France.

Alexandre Husting

I –INTRODUCTION

1 – Les raisons qui ont amené à faire entrer le sport dans la sphère de compétence de l’Union Européenne alors que celui-ci n’est inscrit dans aucun traité.

A – Sport devenu une véritable activité économique.

B – Evolution d’une communauté économique européenne vers une Europe des citoyens.

II – LES SPECIFICITES DU SPORT POUVANT JUSTIFIER QUE LUI SOIT CONCEDE UN STATUT PARTICULIER.

1 – Spécificités de l’activité sportive.

2 – Spécificités de notre modèle européen du sport par rapport au modèle américain.

3 – L’activité sportive une activité économique mais de nature particulière.

III – LA DECLARATION RELATIVE AU SPORT ADOPTEE LE 2 OCTOBRE 1997 EN ANNEXE AU TRAITE D’AMSTERDAM, UN POINT DE DEPART POUR UNE STATUT SPECIAL POUR LE SPORT ?

1 – Rapport Doris Pacd adopté par le Parlement européen le 28 Mai 1997 sur "Le rôle de l’Union européenne dans le domaine du sport".

2 – Déclaration relative au sport adoptée le 2 Octobre 1997 en annexe au traite d’Amsterdam.

A – Contenu.

B – Analyse des conditions effectives de mise en œuvre de la déclaration et du champ large de "consultation" qu’elle met en place.

3 – La cour de justice pourrait-elle réviser sa position développée depuis l’arrêt Bosman ?

4 – L’exception sportive envisagée dans le prochain traité et son parallélisme avec la culture.

IV – LES IMPLICATIONS QUE LES REGLES DE LIBRE-CIRCULATION DES PERSONNES (art. 48 à 52 T CE) DES BIENS ET DES SERVICES (art. 59 à 60 T CE) ONT SUR LE SPORT.

1 – Les règlements des fédérations sportives qui limitent la liberté des sportifs professionnels de jouer pour des équipes d’Etats membres dont il ne sont pas ressortissants.

2 – Les règlements nationaux exigeant la possession d’un diplôme national ou reconnu équivalent pour pouvoir exercer une profession.

3 – Les règlements de certaines fédérations interdisant une libre circulation des services et d’établissements.

5 – L’intervention communautaire en vue de garantir la libre circulation des retransmissions d’événements sportifs majeurs (directive "Télévision sans frontières").

6 – La loi Evin sur la publicité pour les alcools en France comme entrave à la libre circulation des retransmissions d’événements sportifs.

V – LES IMPLICATIONS QUE LES REGLES DE CONCURRENCE DU TRAITE ONT SUR LE SPORT (principalement art. 85 et 86 T CE.).

1 – La position de la cour de justice et de la communauté européenne.

A – Indemnités de transfert.

B – Harmonisation des systèmes de protection sociale et des régimes fiscaux.

C – Règles régissant le contrôle économique des clubs lorsque, par exemple, plusieurs clubs en compétition appartiennent au même propriétaire.

D – Comptabilité de la création d’une organisation parallèle à l’UEFA tel que le soulevait le projet de création d’une superligue.

E – La question des licences d’agents de joueurs professionnels.

2 – Les problèmes de concurrence que peuvent soulever l’achat et l’exploitation des droits de retransmission d’événements sportifs.

A – La cession de droits de retransmission exclusifs sur certains événements sportifs.

a – Affaires et principes dégagés.

B – La cession collective des droits de retransmission

a – Gestion des droits TV en Europe.

b – La cession collective des droits TV en Formule.

C – L’abus de position dominante par les fédération sportives en matière de retransmission des événements sportifs étrangers.

3- Les aides publiques en faveur du sport.

4 – Les contrats de parrainage.

5 – La vente de tickets d’entrée aux manifestations internationales.

6 – Les règles communautaires de passation des marchés publics et la construction du stade de France à Saint-Denis.

VI – LA PLACE DU SPORT DANS LES POLLITIQUES COMMUNAUTAIRES AUTRES QUE CELLES DE LIBRE CIRCULATION ET DE CONCURRENCE.

Atelier pratique n° 15 : L’Europe et le sport : Les formations au plan européen.

Raymond Claude

La formation sur le plan européen reste très hétérogène et la grande disparité des différents systèmes de formation pose beaucoup de problèmes pour la reconnaissance des diplômes et constitue donc un frein non négligeable à la mobilité des travailleurs. L’application des directives concernant la reconnaissance mutuelle des diplômes nationaux est difficilement applicable comme le démontre le cas précis des moniteurs de ski.

La règlement concernant la formation et surtout l’accès à la profession n’est pas la même dans les pays de l’Union européenne, elle peut être étatique, privée voir inexistante. Cette hétérogénéité des formations ne concerne pas seulement la réglementation mais on la retrouve également pour les niveaux de formation, la durée et les qualifications.

Pour une même qualification, on peut obtenir dans un pays un brevet d’Etat, dans un autre un certificat fédéral.

Dans cette situation, il est difficile de collaborer au niveau de la formation sur le plan européen ou de réaliser des échanges d’étudiants ou de professeurs. Il s’est avéré indispensable de créer un instrument, un outil qui permette de :

  • comparer les formations nationales et de les situer l’une par rapport à l’autre,

  • faire converger les formations nationales.

Ainsi le Réseau Européen des Instituts de Sciences du Sport a élaboré comme modèle "la structure européenne des cinq niveaux de formation des entraîneurs" en fixant pour chaque niveau de formation des standards minima concernant la tâche et les domaines d’activités, les conditions d’accès, la durée minimale, l’examen et les titres de formation. Ce modèle est utilisable également dans d’autres domaines de formation puisqu’il est basé sur le droit européen.

L’enjeu pour l’avenir consiste à ce que les pays européens se mettent d’accord sur des standards minima de formation, une plate-forme européenne pour chaque domaine de formation, tout en gardant chacun ses caractéristiques nationales basées sur des données culturelles et historiques.

 

sport santé, sport Loisirs

Atelier débat n° 6 : les contrats temps libre : l’exemple de la ville de Caen : La politique sportive et de loisirs en faveur des jeunes de Caen.

Marc Bourhis

I - 1994, UNE DECOUVERTE

I - 1994, UNE DECOUVERTE

A la suite d'une étude réalisée par le Centre d'Etudes du Management et de l'Innovation Sportive (CEMIS), sous la conduite d'Anne-Marie WASER et Bernard ALLAIN, la Direction des Sports de Caen découvre qu'après l'âge de 15 ans, une majorité des jeunes ne pratique plus de sport au sein d'un club. Un groupe de travail inter-services voit alors le jour et engage une réflexion sur l'adéquation entre l'offre de loisirs et la demande exprimée par les jeunes.

Les conclusions sont rendues fin 1996 et mettent en évidence que si l'offre est plurielle, adaptée aux enfants de moins de 12 ans - ces derniers étant sur-représentés dans les structures municipales et para municipales -, un très fort déclin est mis en évidence après l'âge de 13 ans puisque seuls 10% de la population fréquente les associations sportives après 18 ans. En outre, il apparaît clairement une absence d'indicateurs tant dans l'analyse de l'offre que dans l'évaluation de la demande

II - 1996, DEFINITION D'UNE STRATEGIE

La Direction des Affaires Sportives, pilote du groupe jeunesse inter services de la Ville de Caen, entame alors une nouvelle réorganisation des structures de la Direction et met en place :

  • un service Moyens Généraux pour notamment élaborer une véritable banque de données sur le sport à Caen et sur les activités des jeunes à Caen,

  • une Cellule Marketing Direct pour connaître et analyser la demande des jeunes,

  • une Cellule Gestion des Stages et Animations Sportives destinée à coordonner l'offre de loisir sportif proposée aux jeunes.

Fin 1997, l'organisation devient opérationnelle.

Dès 1998, les premiers stages s'organisent et répondent à la demande des jeunes, telle que la Cellule Marketing Direct a pu la définir.

Courant 1998, des contacts suivis avec la Caisse d'Allocation Familiales permettent de constater que les objectifs de la politique municipale en faveur de la jeunesse ont rejoint ceux définis dans le cadre du Contrat Temps Libres et qu'un tel contrat peut alors être signé pour une période de trois ans.

III - CONCLUSION

On ne saurait considérer le Contrat Temps Libres comme le nouvel avatar du financement d'actions municipales traditionnelles. Au sein d'une mairie, il s'agit d'un véritable levier pour rapprocher les Directions qui, dans les grandes Villes, travaillent rarement ensemble (Culture et sport par exemple).

En outre, le Contrat Temps Libres met en évidence que les clivages créés par les adultes au sein des services municipaux (sport/jeunesse/culture/social, etc...) ne correspondent en rien à la logique des adolescents dont la vision est beaucoup plus globale.

Enfin et surtout, le Contrat Temps Libres permet au service public de se situer dans une réelle logique de réponse à une demande différenciée par une offre d'intérêt général.

Pour autant, il faut qu'au sein de nos Directions, nous disposions ou que nous ayons les moyens de bâtir les outils, les tableaux de bord et l'organisation générale, susceptibles de mettre en oeuvre les objectifs définis par le Contrat Temps Libres.

Ce travail sera d'autant plus facile que les Directions des Sports auront mis en oeuvre les outils de management adéquats.

Atelier débat n° 6 : les contrats temps libre : l’exemple de la ville de Caen : Les principes et objectifs du contrat temps libre.

Marie-Claire Morel-Chanut 

I - L’EVOLUTION DES PREOCCUPATIONS DES CAF

1 - La petite enfance, secteur longtemps prioritaire.

Les Caisses d’allocations familiales développent, au titre de leur action sociale, un certain nombre d’initiatives qui ont pour but de faciliter la vie des familles et de leurs enfants.

Dans les années 80, l’accueil des jeunes enfants a été mis en avant comme priorité n° 1 pour les CAF. Il s’agissait d’offrir aux familles avec de jeunes enfants des services d’accueil permanents ou temporaires en nombre suffisant et de qualité, qu’il s’agisse des besoins de garde pendant le travail des parents ou d’un besoin de socialisation et d’éveil pour les tout-petits.

Cette politique a permis une large création d’équipements pour la petite enfance sur tout le territoire.

2 - La montée en puissance du secteur temps libres.

Au milieu des années 1990, les CAF ont commencé à mettre plus fortement l’accent sur les questions de loisirs et de temps libres des enfants après 6 ans.

Les CAF ont alors fréquemment revu leurs interventions dans le secteur des vacances et redéfini leurs missions autour du concept de temps libres, beaucoup plus large. Face à l’évolution des modes de vie et des comportements, les CAF se sont intéressées davantage aux loisirs de proximité et moins aux vacances.

En plus des centres de loisirs sans hébergement qui font partie de longue date des équipements soutenus par les CAF, de nouvelles initiatives, plus diversifiées, ont été encouragées avec des partenaires moins traditionnels.

C’est ainsi que les activités sportives sur lesquelles les CAF n’intervenaient pas, ont été progressivement reconnues comme pouvant relever, sous certaines conditions, d’une politique du temps libre.

On a alors vu les CAF créer, en prolongement des bons vacances, des formules plus ouvertes comme les tickets loisirs, passeports loisirs, etc. permettant aux enfants, et notamment aux jeunes, des activités plus nombreuses et plus proches.

Des partenariats sont alors apparus avec des clubs sportifs, des services municipaux du sport, dans une optique non pas de compétition et de spécialisation, mais de découverte et de détente.

Cette évolution s’est confirmée pour aboutir en 1998 avec la création des contrats temps libres qui proposent aux communes des moyens nouveaux pour développer et améliorer l’offre locale de services et d’activités.

Il s’agit d’une politique nationale relayée par toutes les CAF dans leur département.

II - LE CONTRAT TEMPS LIBRES

1 - Le constat général

6 millions de jeunes de 6 à 16 ans disposent de 200 jours de congés chaque année. C’est dire la place importante des temps libres pour cette population.

Dans le même temps, toutes les familles ne sont pas disponibles ou attentives aux besoins des enfants durant leurs temps libres. Par ailleurs, l’offre de service est inégale sur le territoire. D’autre part, certains loisirs sont coûteux et difficilement accessibles aux budgets modestes.

Enfin, les activités ne sont pas toujours adaptées aux attentes d’un public dont les besoins évoluent considérablement entre 6 et 16 ans.

En bref, le constat courant c’est que l’accès aux loisirs est inégal entre les jeunes et l’offre de services incomplète.

2 - Les objectifs du contrat

A - Objectif général :

1 - Proposer des loisirs :

  • attractifs,

  • en nombre suffisant,

  • accessibles à tous (c’est à dire couverture géographique satisfaisante et accessibilité à tous les milieux socio-culturels et tous les âges),

  • de qualité.

2 - En réponse aux besoins :

  • d’accueil de l’enfant,

  • d’épanouissement de l’enfant,

  • d’insertion, prévention de l’exclusion et éveil à la citoyenneté.

B - Sous-objectifs :

  • Contribuer à l’épanouissement de l’enfant et à son intégration dans la société par des actions éducatives complémentaires de celles des parents et de l’école.

  • Soutenir la promotion de loisirs de qualité, d’actions facilitant l’apprentissage de la vie sociale, la responsabilisation pour les plus grands.

  • Favoriser le développement d’activités attractives et accessibles contribuant à l’insertion sociale des enfants et des adolescents pendant leurs temps libres.

  • Impliquer les enfants et les jeunes ainsi que les parents dans la définition des besoins et la mise en œuvre des actions.

  • Promouvoir un encadrement de qualité par des adultes bénévoles ou professionnels accompagnant l’enfant dans ses projets.

  • Faciliter la conciliation de la vie professionnelle et familiale des parents, en offrant à leurs enfants un accueil de qualité, en dehors des temps scolaires.

3 - Modalités du contrat

  • il associe la CAF et une commune (ou un regroupement de communes),

  • il est prévu pour une période de 3 ans, renouvelable dans le temps,

  • il engage la commune sur un schéma de développement des actions et une dépense supplémentaire,

  • il engage la CAF à contribuer financièrement au coût des actions nouvelles selon un taux modulé entre 50 et 70 % (certaines CAF peuvent éventuellement accompagner le contrat par des aides à l’investissement).

4 - Le champ du Contrat temps libres

Le contrat temps libres prend uniquement en compte le temps qui se situe en dehors des horaires scolaires, c’est à dire le temps extra scolaire : journées et demi-journées sans école, petites et grandes vacances. Sont donc exclus les temps d’enseignement et, plus largement, les activités conduites sous la responsabilité des enseignants.

Les activités sur le temps périscolaire (accueil des enfants avant et après l’école, activités de loisirs éducatifs) pourraient être prises en compte dans la mesure où elles proposeraient un service aux familles garantissant un véritable projet éducatif et s’appuyant sur une véritable concertation entre les acteurs concernés.

5 - Les modalités financières

La référence contractuelle est la dépense nouvelle nette par enfant. La commune, dans le cadre du schéma de développement du Contrat Temps Libres, s’engage sur un programme de développement engageant une dépense nette supplémentaire par enfant. La CAF prend alors en charge entre 50 % et 70 %  de la dépense nette supplémentaire après application du taux de ressortissants du régime général. Sont prises uniquement en compte les dépenses de fonctionnement suivantes :

  • amélioration ou développement d’une activité,

  • fonctionnement des équipements,

  • séjour de vacances,

  • actions de coordination, de promotion et de formation,

restant à la charge de la commune après déduction des participations familiales, des prestations de services et subventions diverses. Ce montant est ensuite rapporté au nombre d’enfants âgés de 6 à 16 ans .

La CAF fixe un niveau minimum d’effort financier à 100 francs par enfant au terme du contrat et garanti son engagement dans la limite d’une dépense nette par enfant plafonnée à 5 000 francs par an.

En résumé, c’est un contrat de développement et de cofinancement. En outre, il assure la promotion d’une politique globale et concertée avec les partenaires sur le site.

Atelier débat n° 6 : les contrats temps libre : l’exemple de la ville de Caen : La méthode d’élaboration du contrat temps libre

Bernard Allain et Fabienne Roger

I - L’expérience

1 - Un contexte favorable pour la mise en place d’un tel dispositif

Grâce à une politique municipale en direction des 6-16 ans en phase avec les principes et les objectifs du Contrat Temps Libres

" La politique caennaise de la jeunesse " dans les domaines de la culture, du socio-éducatif ou du sport s’articule autour de quatre vecteurs forts qui font également partie des principes constitutifs qui sous-tendent le dispositif de soutien proposé par la CAF :

1 Diversité : par les niveaux d'activités proposés : découverte, apprentissage, perfectionnement et haut niveau.

2 et 3 Equité et accessibilité en raison de la participation financière importante de la Ville dans la charge qui revient à la famille du pratiquant et la large couverture géographique des lieux de pratique sur l'ensemble du territoire communal.

4 Qualité enfin, par les personnels intervenants, les sites mis à disposition et les diverses programmations annuelles.

Dans un tel contexte, le Contrat Temps Libres va donc servir à fédérer les forces vives municipales qui oeuvrent déjà dans les différents secteurs de la jeunesse.

2 - La gestion d'un dossier transversal

A partir du projet de contractualisation, une réflexion collective intra et inter-services va suivre qui rassemblera également tous les partenaires institutionnels (DRDJS, Associations, CAF…) afin d’aboutir à une politique globale et concertée de développement et de financement de l’offre de loisirs pour les 6-16 ans.

Pour ce faire un comité de pilotage sera constitué avec,

d'une part, un groupe de travail Ville de Caen composé des adjoints aux directeurs concernés et d’un représentant de la Direction des Finances; l'ensemble du dossier étant placé sous la responsabilité du Secrétaire Général Adjoint, Directeur Général des Services au Public,

et, d'autre part, une équipe de recherche composée d'enseignants chercheurs de l'Université de Caen dans le cadre de l'activité du Centre d'Etudes et de Management de l'Innovation Sportive (CEMIS).

Un tel travail transversal a nécessité une concertation des 3 services municipaux concernés ; ceux-ci n’ayant pas forcément un mode de fonctionnement et une culture identiques (actions en régie ou déléguées aux associations, existence plus ou moins développée d'outils de suivi de l'activité...).

3 - Une expertise réalisée sous la pression temporelle

A l'issue d'un premier contact avec la CAF fin septembre, la Ville de Caen disposait d'un délai de 2 mois et demi pour réaliser le diagnostic et signer le contrat. Elle a donc chargé le CEMIS de diriger cette recherche.

L'intervention du CEMIS a apporté une méthodologie quant au recueil et à l'analyse des données, un niveau d'expertise pour l'élaboration d'outils d'évaluation utilisables par les 3 secteurs concernés, tout en garantissant la neutralité nécessaire à l'objectivité d'une telle étude.

4 - Les exigences de la CAF

La procédure contractuelle du Contrat Temps Libres définie par la CAF s'appuie sur un diagnostic initial comprenant 2 étapes (un état des lieux, une analyse et appréciation du contexte de l'action) et un schéma de développement comprenant des objectifs généraux et un programme d'action ainsi que des objectifs financiers.

A partir de ces exigences, des données quantitatives recueillies et des outils d'évaluation proposés, des réunions de concertation avec la CAF ont définis les actions entrant dans le champ du Contrat Temps Libres. Cette réflexion a permis de catégoriser les actions en 4 thèmes communs aux 3 secteurs :

  • Les CLSH et les stages

  • Les manifestations

  • Les animations temps libres

  • La mise à disposition d'équipements

5 - Les phases d'élaboration du Contrat Temps Libres

L'élaboration du dossier s’est déroulée selon le protocole suivant :

A - Observations et entretiens

La méthode utilisée a consisté à observer les différents sites dans lesquels se déroulent les activités proposées. Ces observations ont été complétées par plusieurs séries d'entretiens avec les éducateurs sportifs, les responsables d'équipements culturels, les associations, les jeunes et leurs parents.

En parallèle, un état des lieux sur les tendances nationales des pratiques culturelles des jeunes ainsi qu'une analyse et une appréciation du contexte caennais ont été réalisés.

B - Construction d'outils et établissement d'un diagnostic

Une première étape de recueil des données quantitatives permet d'établir un premier état des lieux. Il s'agit de recenser, pour chaque action, les indicateurs d'activités (nombre de jours d'animation, d'enfants et de journées enfants...), les moyens mis à disposition (nombre d'éducateurs, d'heures/éducateur et d'heures/équipement...) et le coût (rémunérations, équipements sportifs, matériels pédagogiques, logistique...).

L'analyse de ces données, à l'aide des outils proposés par le CEMIS (évaluation qualitative, géographique et temporelle), permet d'affiner cette évaluation et de réaliser un véritable diagnostic.

C - Définition des objectifs à atteindre et schéma de développement

La lecture croisée de ces données et leur confrontation avec les observations et les entretiens permettent de sélectionner des objectifs généraux et un programme d'actions qui constitueront les principaux axes de ce dispositif.

D - Négociation du Contrat Temps libres

La phase de négociation entre les représentants de la ville et les représentants de la CAF a abouti à des rectifications et à des ajustements apportés et consignés dans un rapport qui a ensuite été présenté aux représentants de la CAF.

Il est à noter que des réunions de concertation avec la CAF, en présence de la DRDJS, ont été menées tout au long de la réflexion afin de permettre des ajustements permanents entre les exigences de la CAF et l'état d'avancement du dossier réalisé par le comité de pilotage.

E - Validation par le Conseil Municipal et signature du contrat

Les propositions du groupe de pilotage, présentées sous forme d'axes de développement et d'objectifs quantitatifs et financiers ont été soumises aux élus de la ville de Caen pour être validées par le Conseil Municipal.

6 - Les axes de développement proposés

A partir du diagnostic établi, 4 axes de développement ont été proposés, chacun se déclinant en programme d'actions :

- développer une offre de loisir de qualité

- assurer une meilleur couverture géographique de l'offre de loisirs

- favoriser l'accès du public à l'offre existante

- proposer une offre cohérente et complémentaire

7 - Bilan

Le premier bilan est très positif. Les objectifs sont largement atteints, notamment pour le secteur sportif, les autres secteurs prenant le relais en 1999 et 2000. Ce premier bilan, réalisé par une étudiante en DESS Management du Sport, permet, au CEMIS, d’avoir une continuité dans le suivi de ce dossier.

II - La recherche

Le CEMIS a été chargé d’établir le bilan de l’offre municipale dans le domaine des activités de loisirs proposées aux jeunes âgés de 6 à 16 ans et de concevoir (en prenant en compte la demande locale et en respectant les principes édictés par la C.A.F) de possibles axes de développement. Suite à ces deux premières phases de réflexion, le C.E.M.I.S a proposé des outils d’évaluation qui pourront servir à mesurer l’évolution d’une telle offre d’un point de vue qualitatif d’une part et selon sa répartition géographique et/ou temporelle, d’autre part.

1 – Identification et évaluation de l’offre qualitative de loisirs municipale

Le respect des principes émis par la CAF (universalité, adaptabilité, équité, accessibilité, qualité, coordination et communication) est évalué par 13 indicateurs qui figureront en ligne dans un tableau croisé, où les colonnes seront constituées par les quatre types de prestations de services (les manifestations, les centres de loisirs, la mise à disposition d’équipement, les animations temps libres durant l’année scolaire). Ce tableau est complété par chaque service concerné (sports, culture, éducation) selon une échelle comportant cinq valeurs. Cette évaluation sera accompagnée d’une explication succincte concernant la valeur attribuée aux différents types d’actions. La lecture des tableaux annuels de chaque domaine permet de suivre l’évolution des différentes prestations de service au vu des principes énoncés précédemment.

2 - Indicateurs de la distribution géographique de l’offre municipale de loisirs

Ce type d’indicateurs pourra être visualisé sur la carte de la Ville de Caen, divisée en quatre secteurs géographiques. Dans le cadre de cette recherche, ces secteurs étaient déjà prédéterminés et utilisés par le Service des Sports. Un tout autre découpage aurait pu être envisagé, l’essentiel étant, pour une étude longitudinale, que les référents soient constants.

A - Définition des populations concernées

La population de référence correspond au nombre de jeunes âgés de 6 à 16 ans en 1997. Le calcul des différents ratios est effectué à partir des données de l’INSEE. On prend d’abord en compte le nombre total d’enfants âgés entre 0 et 9 ans en 1990 auquel on ajoute le nombre de naissances ayant eu lieu en 1990 et 1991 sur la Ville de Caen . Le total donne le nombre d’enfants qui ont entre 6 et 16 ans en 1997. Cependant, il faut noter que l’on n’y applique pas les tauxdemortalité et de migration dont a été victime cette tranche d’âge depuis 1990 (date du dernier recensement INSEE).

Cette première population des 0-9 ans de 1990 est déjà répartie par quartier. Nous calculons ensuite la part qu’occupe chaque quartier dans la population totale des 0-9 ans. Nous redistribuons les naissances (1991, 1990) proportionnellement à cette part et nous les ajoutons à la population des 0-9 ans de chaque quartier. Le solde de cette dernière opération nous donne, par projection et avec toutes les réserves émises précédemment, la population des jeunes caennais âgés de 6 à 16 ans en 1997.

B - Définition des secteurs géographiques :

Les secteurs géographiques retenus en référence sont ceux que le Service des Sports avait retenu pour sa division sectorielle. Il s’agit donc de faire correspondre les quatre secteurs géographiques choisis avec les quartiers INSEE. Cette conversion nous donne les populations par secteur et on peut ainsi, réaliser une carte qui transcrit la répartition géographique des jeunes âgés de 6 à 16 ans dans chaque secteur de la Ville de Caen. On peut faire figurer sur cette carte le nombre d’habitants (toutes tranches d’âges confondues), la population des 6-16 ans par secteur et la part de celle-ci dans la population totale de chaque secteur.

C - Calcul des différents ratios :

1 - Le nombre d’heures par enfant :

Toutes les animations ne sont pas comptabilisées en journées ou demi-journées. Il faut tout d’abord poser quelques postulats qui permettent de convertir les différents types d’animation à la journée en nombre d’heures, plus petite unité commune aux différents types d’activités. Le calcul du nombre d’heures par enfant s’effectue à partir du nombre total d’heures d’activités fait dans chaque secteur géographique. Ce total est rapporté au nombre d’enfants (âgés de 6-16 ans) résidant dans chaque secteur ; cette division nous donne le nombre d’heures par enfant et par secteur géographique.

2 - Le coût de l’offre de loisirs par enfant :

Ce ratio se calcule à partir des dépenses nettes engagées par la Ville dans chaque secteur géographique. Il suffit alors de diviser ces charges par le nombre de jeunes âgés de 6 à 16 ans résidant dans chacun des différents secteurs. Cette opération fait apparaître un coût par enfant et par secteur qui peut être comparé à la dépense nette annuelle par enfant (référence CAF), calculée à partir des coûts annuels par enfant des différents services municipaux concernés par le diagnostic initial. La comparaison de ces différents coûts peut se faire d’une année sur l’autre à condition de respecter les mêmes modes de calcul utilisés l’année du diagnostic initial.

3 - Indicateurs de la distribution temporelle de l’offre municipale de loisirs

Les indicateurs de la distribution temporelle de l’offre municipale de loisirs sont déterminés à partir du croisement de deux tableaux qui rendent compte, pour l’un, des différents types d’animation proposés et pour l’autre, de la répartition temporelle de ceux-ci. Tous ces indicateurs permettent de mieux visualiser la " couverture temporelle " de l’offre de loisirs des différents services municipaux concernés, selon les secteurs géographiques et la catégorie d’activité mise en place.

A - Identification des différentes périodes de temps libre.

Le temps libre est constitué de deux sortes de temporalité :

  • Le temps périscolaire

  • Le temps extra scolaire

1 - Le temps périscolaire

Le temps périscolaire équivaut au temps, passé par l’enfant dans l’école ou non, qui encadre " le temps scolaire " proprement dit. De ce temps périscolaire, nous ne retiendrons que celui passé en dehors de l’école et situé après la journée de classe.

2 - Le temps extra scolaire

Le temps extra scolaire inclut :

  • Les journées ou demi-journées  " sans école ".

  • Les petits congés en cours d’année : vacances de la Toussaint, de Noël, de février et de Pâques. Ces congés comptabilisent globalement 7 semaines de temps libre.

  • Les vacances d’été qui s’étalent généralement sur environ 9 semaines.

B - Périodisation des différentes actions menées dans le cadre de l’offre municipale de loisirs. 

Si l’on reprend les différents types d’animation de loisirs proposés, on s’aperçoit qu’ils correspondent plus particulièrement à des catégories de temps libre définies précédemment :

  • Les stages et Centres de loisirs avec ou sans hébergement sont plutôt l’apanage des petites et grandes vacances (temps extra scolaire).

  • Les animations temps libre durant l’année scolaire, quant à elles, se distribuent sur le temps périscolaire.

  • Les mises à disposition d’équipements et les manifestations ont une couverture temporelle qui chevauche les différentes périodes de temps libre.

C - Calcul des différents ratios.

Les indicateurs qui pourront servir à évaluer " la couverture temporelle " de chaque type d’animation selon les secteurs municipaux (Sport, Culture et Socio-éducatif) et géographiques peuvent être calculés dans les quatre catégories de temps libre définies dans la première étape de ce chapitre (temps périscolaire, petits congés, grandes vacances et journées ou demi journées sans école).

Le numérateur de chaque quotient sera le nombre total d’heures d’animation (de jours ou de semaines selon l’unité choisie) dispensées pendant toute une année civile dans chaque catégorie de temps libre. Ce chiffre sera calculé à partir du recensement des différentes actions enregistrées par secteur.

Ce numérateur, pour chaque sorte de temps libre, sera rapporté à un dénominateur qui correspond au nombre maximum d’heures (de jours ou de semaines) temps libre, par catégorie, sur l’année. L’évolution de ce ratio d’une année à l’autre rend compte du développement de la couverture temporelle de l’offre de loisirs pendant cette période. Il reste donc à déterminer les plages horaires maximales qui doivent être occupées par l’offre de loisirs durant toute une année selon le type de périodisation temps libre.

Atelier débat n° 7 : Aménagement sportifs et touristiques : Equipements sportifs de compétition et d’entraînement, équipements sportifs de loisirs et de tourisme, complémentarité fonctionnelle et d’usage.

Jean Pinard

INTRODUCTION

INTRODUCTION

Rappel historique sur la création d’espace et d’équipements de loisirs sportifs (circulaires 1964 et 1975 du secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports portant création des taxes de plein air).

I - LE CHOIX COMME VECTEUR D’AMENAGEMENT ET DE MARKETING DES STATIONS TOURISTIQUES.

1 - L’exemple des stations de ski.

2 - L’exemple des stations balnéaires.

3 - L’exemple des stations vertes.

II - LES EQUIPEMENTS SPORTIFS EN STATION TOURISTIQUE

1 - Principe d’aménagement (du normatif au ludique).

2 - Equipements structurants (golfs, espaces nautiques…..).

3 - Equipements périphériques (balnéothérapie, espace bien-être…).

III – MISE EN ŒUVRE DE PARTENARIAT ENTRE LES OPERATEURS TOURISTISQUES ET LES OPERATEURS SPORTIFS (mouvement sportif).

1 - Les partenariats d’intérêt économique entre les opérateurs touristiques et les opérateurs sportifs (mouvement sportif)

2 - Les partenariats d’intérêt d’images (événements, tournées estivales….).

3 - Les partenariats d’intérêt de développement.

CONCLUSION

Vers une modélisation d’espaces et de loisirs sportifs.

Atelier débat n° 8 : Le sport de pleine nature : Projet de développement du loir sportif en milieu rural dans le département de l'Allier. : Le sport de pleine nature : Projet de développement du loir sportif en milieu rural dans le département de l'Allier.

Jean Corneloup

Les pratiques sportives de nature constituent un secteur en pleine effervescence. Si la gestion de ces pratiques est depuis de nombreuses décennies assurée sur les sites majeurs du tourisme et du loisir sportif, la situation semble différente au niveau des espaces ruraux. En montagne et sur le littoral, le concept de station est opérant. Il permet de construire des produits sportifs de qualité autour de projets de développement opérationnels. Au-delà des difficultés d'ajustement de l'offre à la réalité du marché, ces stations ont réussi à s'implanter dans ces espaces de nature, à créer des emplois et à produire de la valeur ajoutée.

Par bien des aspects, cette réussite ne s'est pas traduite par une imitation de ce modèle au niveau des espaces ruraux (Vles, 1996). Bien souvent, nous sommes en présence d'une organisation chaotique qui a du mal à se structurer autour des loisirs et dont les acteurs sont à la recherche de conseils pour un développement réussi. Sans doute, il faut reconnaître la présence d'un certain nombre de faiblesses qui handicapent le développement de la ruralité sportive : les résistances des agriculteurs, l'exode rural, le manque de sites sportifs majeurs, l'absence d'intérêt de la campagne par les touristes de long séjour, la faible valeur marchande des pratiques sportives de nature en milieu rural sont quelques éléments qui participent à la stagnation de cette économie sportive.

Pourtant, à l'aube des années 2000, il apparaît qu'un changement notoire est observable au niveau de la ruralité. Depuis quelques décennies, on s'intéresse au développement d'un tourisme doux et vert. Des concepts de stations vertes, de "pays" ou encore de parcs régionaux ruraux commencent à apparaître. Les villes thermales se transforment en stations thermales; des parcs à thème s'implantent dans nos campagnes; des stations ludiques sont en gestation ici ou là. Bref, le monde rural est en voie de transformation et de conversion économique poussée par une demande de court séjour et de loisirs de proximité. Pourtant, ces signes apparents annonçant un changement ne doivent pas cacher les difficultés à structurer le jeu des acteurs pour un développement réussi. A ce titre, l'étude que nous avons effectuée dans le département de l'Allier, commanditée par le conseil général, permet de rendre compte de la situation locale.

A partir de ce travail, notre expertise apporte des éléments d'appréciation pour mieux saisir les modèles de développement et les facteurs limitants qui produisent des résistances à la réalisation d'un développement réussi. Il importe alors de décrire les différents niveaux organisationnels qui participent à la construction des lieux sportifs de nature et de présenter des principes d'action pour un développement durable.

I – Principes managériaux des espaces de nature

Les acteurs territoriaux investis dans le monde rural ont bien souvent un espace de nature à gérer. Selon leur politique, la position de l'opinion publique locale, le jeu des associations et des prestataires en loisir sportif et aussi selon l'action des pratiquants sportif de nature, une organisation bien particulière apparaît. Il semble alors judicieux de comprendre les facteurs qui jouent un rôle dans la définition de cette organisation.

1 – La notion de lieu

Incontestablement, le gestionnaire d'un espace rural doit prendre conscience que la pratique d'une activité sportive de nature sur son territoire ne peut se réduire à la simple prise en compte de l'action sportive. Contrairement à l'approche fédérale ou purement sportive, ce gestionnaire doit tenir compte de l'impact de cette ou de ces pratiques dans l'environnement du site de pratique. Bref, on ne gère pas seulement une pratique, mais un espace d'action et un environnement dans lesquels se déroule cette pratique. Ajoutons que la présence de consommateurs exigeants et sensibles à la qualité de l'espace d'action et environnant oblige le gestionnaire à entretenir l'esthétisme du site. La notion de lieu devient donc centrale dans le management des espaces de nature et ceci d'autant plus lorsque le consommateur développe des logiques sportives qui sont moins orientées vers la performance et l'énergétique mais beaucoup plus vers les aspects conviviaux, contemplatifs, ludiques et esthétiques. Dans certains cas, la pratique sportive n'est plus qu'un prétexte à une mise en scène sociale ou à une immersion sensitive ou spirituelle dans la nature et la ruralité.

La question est alors de connaître la place que le gestionnaire accorde à cet espace, en terme d'écosystème et d'espace de vie. Différentes visions et relations avec un lieu de nature apparaissent. La notion de lieu est relative à la culture, à l'histoire singulière que les uns et les autres entretiennent avec ce lieu et aux valeurs affectionnées. L'enjeu porte sur le poids donné à la nature, à la ruralité, aux locaux et à l'identité du lieu dans la déclinaison des formes de gestion. Ce type d'approche s'impose aujourd'hui dictée par l'histoire conjoncturelle des pratiques. En effet, l'émergence d'un localisme et d'une ruralité sportive (Corneloup, 1999), la volonté de développer un tourisme local de nature et la montée en puissance d'une logique marketing et professionnelle provoquent de la turbulence et de la controverse. Tous ne s'accordent pas sur le modèle de développement. La pratique sportive de nature ne peut donc plus se réduire à une simple pratique sportive fédérale en terme de gestion telle que ceci existait, il y a encore quelques années. Une concurrence entre le haut et le bas du système, le centre et la périphérie, l'utilité marchande ou locale,... apparaît qui remet en cause les formes historiques de gestion du monde rural.

2 – La présence d'une économie des rôles

La deuxième idée à retenir est la suivante : on ne peut gérer un lieu que si on rend compte de son fonctionnement. Des interactions positives et négatives prennent formes entre les acteurs et les publics inscrits au sein d'une "économie des rôles" locale et dans les relations avec les acteurs extérieurs (fédérations, comités départementaux, conseil général,...) et le public extérieur. Bref, il faut bien se rendre à l'évidence : une organisation (informelle ou formelle) détermine le jeu des possibles à partir duquel on peut définir le système d'action concret (Crozier, 1981). Le détour par l'analyse de ce contexte singulier devient alors central. Des questions incontournables sont alors à se poser :

• Qui impulse la dynamique des pratiques sur ce lieu de pratique ?

– Le rôle des acteurs est-il prédominant ? Les prestataires ont-ils créé la demande ou ont-ils simplement répondu à une demande existante ? Les acteurs doivent-ils impulser une dynamique pour agir sur les publics dans une optique marketing ? Les intérêts particuliers sont-ils prédominants sur l'intérêt général ? Quelles relations entre les acteurs privés (prestataires en loisir sportif), le monde associatif et fédéral (associations sportives et comités départementaux), les collectivités territoriales (communes, SIVOM, conseil général,...) et le monde des agriculteurs ? Ces derniers impulsent-ils une résistance à l'émergence d'une économie touristique ? Pour des raisons politiques, le maire refuse-t-il un plan de développement touristique ? Faut-il et peut-on lancer une politique touristique commune ?

– Le public a-t-il besoin des acteurs pour fonctionner et de quels acteurs ? Quelles demandes le public attend-il des acteurs ? Faut-il mettre en place une politique de produit, de normes et de qualité pour mieux répondre aux exigences du nouveau consommateur en loisir sportif ?

• Quels moyens de régulation mettre en place ?

– La loi du marché, c'est à dire laisser les acteurs et les publics s'auto-réguler ?

– Produire des éléments de régulation : police, système juridique, État (pour les normes), préfecture ou/et mairie (pour les comportements déviants par rapport à la sécurité des pratiquants), comité de sécurité et de coordination ?

Ces questions apparaissent comme étant des incontournables pour mieux répondre à la réalité managériale d'un lieu. L'essentiel du travail consiste à modéliser les interactions positives et négatives qui se contractent entre les uns et les autres pour comprendre la carte des stratégies politiques au sein de ce système d'action concret. C'est à partir de la compréhension identitaire et politique du lieu et des jeux de rapport de force au sein de cette économie des rôles contextualisée que l'on pourra envisager l'édification de projets de développement judicieux. La valorisation de la nature ne peut contourner cette question centrale portant sur le jeu des possibles attaché au système d'action concret.

II – Les modèles de management

Le propos consiste à montrer que la gestion des pratiques sportives en nature ne se réduit pas à une simple gestion économique, technique, touristique ou sportive. Selon les actions entreprises, la relation économique à la nature et l'économie des grandeurs (Bolstanski, 1991) à laquelle on se réfère, on ne gère pas de la même façon la nature et dans notre cas, l'espace rural. De sorte, qu'il est possible d'identifier des modèles de référence qui participent à la déclinaison des usages en nature et de la nature. Les modèles présentés ne doivent pas seulement se saisir individuellement dans l'analyse d'un lieu sportif. Dans certains cas, le fonctionnement d'un site est en totale correspondance avec un modèle; dans d'autres cas, le management d'un site est à la croisée de plusieurs modèles. Des conflits émergent plus ou moins violents. D'où la compréhension que le management des sites est à la croisée du jeu de pouvoirs entre les modèles; pouvoirs attachés à des acteurs investis de stratégies différentes. L'enjeu est d'arriver à trouver un compromis acceptable autour d'un minimum de conventions partagées.

1 – Modèle républicain

Avec ce modèle, on est au plus proche d'une relation urbaine à la nature avec cette idée dominante : la nature est au service de la ville. A l'extrême, certains vont jusqu'à dénigrer toute culture rurale. L'aménagement de la nature est pensé pour répondre aux besoins des urbains et des citadins. La valorisation de la nature se conçoit comme antidote aux effets néfastes des villes. La nature a pour fonction de canaliser la violence urbaine, de déstresser les gens de la ville, de créer de la déroutinisation, de l'ailleurs, de la distinction,... La nature devient le jardin de la ville, le jardin post-moderne à la française. C'est la nature domestiquée qui doit dominer; celle qui séduit les codes de lecture du citadins; bien loin de l'anxiété produit par la nature sauvage. Dans certains cas, on va jusqu'à reproduire la ville à la campagne. Rien ne peut alors contraindre la démarche de celui qui veut aménager, façonner et mouler la nature. La logique de l'aménageur domine pour la satisfaction du citadin et du plus grand nombre. On pense ainsi aux stations de ski de la troisième génération comme emblème de la réussite technologique française, aux parcs nationaux et aux fédérations sportives de nature axées sur la compétition. Le localisme ne fait pas partie des priorités dans la valorisation du milieu naturel pour ceux qui s'inscrivent dans ce cadre de pensée Bref, l'intérêt général et l'utilité publique prédominent sur l'écologique et le local. Le management républicain s'impose.

2 – Modèle du marketing des services

Dans une conjoncture de plus en plus marchande et marquée par une concurrence de plus en plus forte et des clients de plus en plus exigeants, les acteurs touristiques des lieux sportifs doivent répondre et savoir s'adapter aux transformations du marché. La justification marketing – la cité marchande de L. Bolstanski (1991) – en référence à l'utilité marchande pour valoriser le milieu naturel et les lieux de référence devient un discours de circonstance. L'important étant de récolter des devises, de faire de l'argent par le marketing et de satisfaire la clientèle citadine. On embellie alors la nature; on refait les refuges en montagne, on développe une signalisation design; on rénove les gîtes. Dans cette optique, c'est plus l'apparence de la nature qui importe, la nature spectacle et le service au client que la relation véritablement "authentique" avec la nature; celle qui sent la vache, les miasmes putrides des sous-bois, l'odeur du feu de bois qui s'imprègne dans les vêtements, l'eau froide des gîtes d'antan ou le bruit des mulots dans le grenier... On accepte ainsi un peu de nature, mais pas trop, juste ce qu'il faut pour satisfaire les nouvelles logiques culturelles des citadins.

Cette culture marketing devient ainsi la règle et la nouvelle norme pour remporter des parts de marché dans le management du loisir de nature et pour créer des emplois dans le monde du loisir sportif. La culture du privé s'immisce ainsi dans l'univers du plein air lorsque les prestataires en loisir sportif cherchent à rentabiliser au maximum leurs activités. On valorise alors la nature pour faire du profit; on confectionne des produits "qui rapportent le plus possible". On quitte alors l'univers de la passion et du bénévolat, issu de la culture fédérale associative ou du secteur public ou para-public pour celui de l'intérêt (Hirschman, 1980).Bref, cette tendance à la privatisation des espaces de loisirs de nature est dans l'ère du temps à laquelle les communes orientées vers le loisir et le tourisme de nature n'échappent pas. La question de la nature et de l'écologie locale est secondaire à l'exemple de ce qui se passe en Sologne (Clary, 1993).

3 – Modèle du manager technocratique et du législateur

Dans ce modèle, le manager ou/et le conseiller en développement interviennent pour modifier le fonctionnement d'une organisation avec pour finalité d'améliorer l'efficacité et l'efficience de opérations professionnelles. Une logique technocratique est à l'oeuvre à partir du moment où la performance de l'entreprise et du secteur devient la priorité absolue. Les particularismes locaux et territoriaux importent peu. L'administrateur et le gestionnaire ont un rôle entrepreneurial. Le pilotage par la norme s'impose dans cette référence à la cité industrielle (Bolstanski, 1991). Certaines structures à l'image de la société Transmontagne dans la station de ski du Lioran fonctionnent selon ce modèle.

La démarche technocratique se perçoit aussi lors de l'imposition de normes draconiennes au niveau de la sécurité, de l'hygiène et des conditions sanitaires concernant les lieux d'hébergement en nature. On en vient ainsi à fermer des gîtes et des restaurants de nature sans se poser la question de savoir si les normes imposées aux structures urbaines doivent s'appliquer de la même manière aux structures de campagne. Dans les années à venir, sous la pression des normes européennes, les responsables de refuges en montagne seront peut-être amenés à fermer pour non-conformité avec la législation en vigueur ! La valorisation des espaces de nature peut conduire à une nature totalement contrôlée sous la pression du législateur, du consommateur exigeant ou de la sur-consommation de certains lieux nécessitant de renforcer les mesures sanitaires. Mais quelle limite faut-il donner à ce type de management ?

Pour d'autres, dans la continuité de la logique de l'aménageur et du projet cartésien qui consiste à devenir "maître et possesseur de la nature", l'action managériale consiste à éradiquer tout danger naturel. L'idée est de limiter toute action négative de la nature à l'encontre du touriste pratiquant, à l'image des stations de ski qui souhaiteraient tendre pour certaines en direction du risque zéro. L'aseptisation de la nature est en chemin dans la poursuite de sa valorisation esthétique et ludique. Seule la nature domestiquée à un sens pour le technocrate et le législateur dans le respect des principes républicain, cartésien et jacobin. Bref, le modèle de l'utilité civique et du "sportivement correct" tendent à imprégner l'univers des pratiques de nature pour limiter les abus du marketing (faire le plus d'argent à n'importe quel prix, à l'exemple du comportement de certains prestataires ou guides). Les juges, le législateur et le ministère de la Jeunesse et des sports tendent à imposer leur vision du monde dans le management des pratiques en nature.

4 – Modèle de l'éducateur républicain

Un projet citoyen et éducatif de la nature est promulgué légitimant une autre forme de management des lieux sportifs de nature. Pour ces acteurs en loisir sportif, l'encadrant a une mission à remplir qui consiste à éduquer le touriste et le citadin. Il s'agit de s'opposer à un usage consommatoire en réaction à une mentalité et à un comportement général du public. Logique de l'éducateur qui veut changer le regard urbain du pratiquant de loisir et l'ouvrir à la "vraie" pratique en nature. La mission des professeurs d'EPS, des instituteurs et de tous les éducateurs en plein air s'inscrit bien souvent dans cette perspective. Les principes d'action développés par C. Pociello (1996) dans son analyse de la sphère éducative au sein du système des sports s'appliquent totalement à ce modèle. La fonction d'utilité publique et éducative est ainsi totalement légitimée. Les cycles en sport de nature organisés par les enseignants en E. P. S., les différents centres accueillant des classes vertes, les stages organisés dans un cadre scolaire et autres centres de loisirs proposant des activités sportives durant les vacances s'inscrivent dans cette dynamique. Le développement de projet pédagogique et l'aménagement des espaces de nature pour une pratique la plus sécuritaire possible sont encouragés. Le cadre scolaire impose un management utilitaire et sécuritaire des lieux de pratique sous la pression du management législatif.

Mais certains vont encore plus loin dans cette éducation citoyenne à et par la nature. C'est reconnaître alors cette possibilité donnée à la nature de constituer un champ de valeurs et de propriétés propres. Par le contact avec cette nature "authentique", le projet éducatif peut remplir une mission de toute première importance. Les fonctions vertueuses, saines et rédemptrices de la nature sont prônées. La nature devient en tant qu'espace éducatif une école de vie et de formation des caractères. Elle possède des qualités éducatives attachées à des principes élémentaires : rusticité, vie simple, logique de l'épreuve, ruralité, absence d'une logique de consommation, isolement et prise de distance avec la ville et les réseaux de sociabilité classique. Cette relation forte et profonde avec la nature permet l'expression des qualités réflexives et introspectives de l'individu, confronté qu'il est à sa nature personnelle. Elle permet aussi le renforcement des valeurs de solidarités lorsque les individus se trouvent face à la difficulté de l'épreuve. Dans ce cadre, la nature campagnarde, sauvage, rude et rustique est valorisée; celle qui garde en mémoire la vie d'antan et qui tient à conserver la présence de ce monde de l'ailleurs à l'écart de la modernité. Toutes les pratiques issues du scoutisme, du cafisme, de l'hébertisme et celles qui s'inspirent du modèle militaire (raid-survie-commando, défi pour se conforter à des valeurs entrepreneuriales ou/et individualistes) font références.

5 – Le management local anomique et turbulent

Ce modèle est placé sous le signe d'une gestion défectueuse, maladroite et inopérante. Les pratiques de loisirs sportifs s'inscrivent alors dans une localité marquée par l'absence de projet fédérateur. Dans cette configuration spatiale, les actions des différents acteurs locaux manquent de synergie. Le système apparaît bloqué par la présence de divers résistances, de conflits, de manque de projets et de compétences qui nuisent à l'émergence d'un développement réussi. L'exemple classique se situe au niveau de communes marquées par l'absence de projet intercommunal; chaque commune bricole son développement oubliant les avantages que peut apporter la congruence des initiatives intercommunales : le développement des chemins de randonnée ne s'inscrit pas dans un plan intercommunal; la signalétique est insuffisante et parfois incohérente. La démarche des prestataires en loisir sportif flirte avec l'anarchisme à partir du moment où les différents acteurs n'ont pas compris l'avantage d'une gestion concertée, complémentaire et construite (Cornu, 1996).

Les exemples sont aussi nombreux de situation où les conflits inter-prestataires se traduisent par la présence d'ambiantes délétères. Dans les stations de ski (à l'exemple de Serre-Chevalier), en Ardèche ou dans l'Allier, la dynamique des espaces locaux est ainsi marquée par cette turbulence gestionnelle qui paralyse le système d'une manière ou d'une autre. La logique marketing, républicaine ou écologique est ainsi court-circuitée par ces tensions locales. On est proche ainsi d'un management "far-west" où tous les coups sont permis pour miner les initiatives des autres et "faire n'importe quoi". Le développement durable n'a dans ces espaces aucun sens; seule le court terme importe pour le meilleur comme pour le pire. Combien de constructions immobilières, de projets, de pratiques, d'investissements n'ont-ils pas été entrepris et réalisés qui se sont soldés par des échecs inoubliables ayant un effet désastreux sur la localité, son esthétisme et son développement. Sans parler de l'incompétence de certains décideurs qui participent largement au blocage du système !

6 – Le management écologique

Cette approche globale du local cherche à situer la valorisation de la nature dans une perspective d'aménagement du territoire, de création d'emplois, de sauvegarde de la ruralité, de développement de l'agritourisme et d'émergence de loisirs de proximité pour les urbains. Le projet est encore plus complexe lorsque les acteurs du lieu pensent le développement du loisir et du tourisme sportif en étroite synergie avec la promotion du patrimoine historique et du tourisme culturel. Bref, un développement durable est préconisé dans cette perspective en intégrant toutes les forces issues du lieu. Ce modèle de gestion cherche à redonner de la présence aux acteurs politiques et aux conseillers en développement local dans cette volonté de limiter les effets négatifs d'une trop forte privatisation des lieux de nature tout en considérant que le secteur public, para-public ou associatif est le mieux placé pour impulser une dynamique de développement conséquente. Un management anthropologique des lieux de nature est ainsi défendu pour une valorisation harmonieuse du milieu naturel, considérant que les acteurs économiques sont incapables de gérer la globalité du processus de valorisation du milieu na

 

sport éducation sport insertion

Séance plénière

Les dix dernières années ont mis en évidence un recentrage des politiques territoriales autour de l’éducation et de l’insertion. Après l’anti été chaud, les dispositifs d’aménagement du temps de l’enfant, puis les contrats éducatifs locaux, l’Etat relayé au plan local par les collectivités impulse des dispositifs qui visent tous le même public : les jeunes. Peut-on tirer des enseignements de 10 années d’expérimentation. Le sport utilisé comme moyen s’impose-t-il aujourd’hui comme une des
composantes essentielles des politiques d’éducation et d’insertion ? Peut-on opposer éducation et insertion ? Qu’est-ce qui différencie ces finalités ?, le public, le cadre d’intervention, les intervenants eux-mêmes ?
Robert Herrmann adjoint au maire de Strasbourg,
vice président de la CUS

Les ateliers débats et les ateliers pratiques :

v Eric Adamkiewicz

Atelier débat n°1 : Roller et espaces public : Quelles réponses pour les usagers ?

Les villes de Lyon, Roncq, Lille, Villeneuve d'Ascq, et d'autres préparent des projets d'aménagements de roller-park et de skate-park. Devant les nombreux projets, en indoor ou outdoor, il apparaît nécessaire de faire l'état des réflexions sur la prise en compte des pratiques récréatives dans les programmes d'aménagement urbain et de conception d'espaces publics. L'analyse de quelques projets en cours de réalisation permettrait de comprendre les enjeux et les limites de ces projets.

Les pratiques sportives autonomes participent à la l'émergence d'une nouvelle urbanité en enrichissant l'espace urbain. Elles participent à créer du lien social de par leur participation spontanée à l'animation de la cité, mais également par les processus d'intégration et de communication qu'elles utilisent. Les différentes études en cours sur ces sujets attestent d'un intérêt manifeste pour des activités qui apparaissent de plus en plus comme des moyens de repenser les usages de la ville et les aménagements urbains.

Les politiques sportives doivent être construites en considérant l'évolution des pratiques sportives mais également en prenant en compte les nouveaux usages sportifs et récréatifs de la ville. Dès lors, il devient nécessaire de concevoir des regroupements de compétences des divers services municipaux (urbanisme, voirie, jeunesse, sport) pour participer à l'élaboration des projets.

Les deux exemples de Roller-park de Roncq (Nord) et de Lyon peuvent permettre de mettre en évidence, au-delà des logiques d'échelles, des enjeux, des objectifs et des approches complètements différentes. Entre marché de définition et réponse municipale directe, entre tentative d'intégration éducative d'une population et délocalisation d'une pratique dite <<sauvage>>, ces deux projets en cours de réalisation proposent deux types de réponses et deux façons de voir les pratiques sportives urbaines.

I - Le contexte actuel

Le roller est aujourd'hui un élément constitutif de l'urbain qu'il convient d'appréhender plus précisément. Au-delà des chiffres estimés publiés dans la presse spécialisée qui font état de plus de 25 millions de pratiquants de rollers aux Etats-Unis depuis 1989, 150 millions de pratiquants annoncés pour l'ensemble du monde et 35000 pour la France, il est nécessaire d'avoir une estimation plus fine du phénomène. Cela est d'autant plus vrai lorsqu'on compare les chiffres de la Fédération Française de Roller Skating (30 000 licenciés) et les chiffres des ventes de rollers en France (2 millions de paires en 1998).

On trouve principalement trois formes de pratiques:

- le fitness qui caractérise surtout une pratique déambulatoire de loisir ou à finalité utilitaire. Cela concernerait environ 20% des pratiquants d'après une enquête effectuée à Lyon en 1997.

- la rampe, discipline plutôt technique qui consiste à enchaîner des figures à partir d'équipements spécifiques conçus pour la glisse; qu'il s'agisse de <<U>> en fibres de verres ou d'éléments mobiles en bois,

- le street et l'agressif, disciplines acrobatiques qui consistent à utiliser l'espace public urbain dans toute sa diversité et en particulier l'ensemble du mobilier urbain (poubelles, rampes d'escaliers, murs, bancs…); pratiques qui seraient les plus importantes environ 70%.

L'étude effectuée à Lyon, en 1997, faisait apparaître la répartition suivante: 68% pour le street ou agressif, 18% pour le fitness, 6% pour la vitesse, les 8% pour le street-hockey.

Il est donc nécessaire, alors qu'une réglementation sur le statut du roller est en préparation par une commission inter-ministérielle, de bien saisir l'importance du phénomène et de ne pas rester à des estimations trop floues sur la réelle répartition des pratiquants dans les différentes formes d'usages des rollers.

Il y a eu une très grande évolution des comportements depuis 1995. En effet, la vague du roller a envahi les villes, l'effet <<rollerblade>> (du nom de la marque qui a développé les premiers patins en ligne) est observable dans toutes les agglomérations et a même tendance à toucher un public beaucoup plus jeune. Il n'est plus étonnant de voir des enfants de moins de 10 ans pratiquer cette activité qui a remplacé le patin à roulettes. Certes les plus jeunes encore en phase d'apprentissage sont sur des procédures et des formes d'expression plus proches du <<fitness>> (déambulation) que du <<street>>. Toutefois, l'approche acrobatique est assez vite présente par la création de petits éléments à sauter ou par des figures simples à effectuer (demi-tour, acquisition des différents types de méthodes pour s'arrêter: freinage en T, chasse-neige, appui sur mobilier urbain, hors piste, godille, dérapage…). Le moindre espace goudronné est utilisé par de jeunes rollers qui n'hésitent pas à apporter leurs propres structures en bois pour tenter des figures simples.

Cette pratique d'accès technique simple est très typique des aspirations actuelles. L'investissement initial se faisant à moindre frais énergétique et physique, l'activité présente un intérêt très rapidement. D'ailleurs, le fait que les pratiquants de rollers soient des multi-pratiquants confirme que leur investissement dans l'activité soit plus de type récréatif que sportif. Leur polyvalence est une des preuves de leur éparpillement dans différentes activités. Cela correspond tout à fait à ce que l'on appelle la génération zapping. La diversification dont parlait Christian Pociello (1989) trouve ici encore des résonances tout à fait justes. Le très fort engouement actuel pour le roller contribue à le rendre difficile à analyser et particulièrement aléatoire d'estimer son évolution. Cependant, le très fort impact chez les jeunes lié aux nouvelles approches de cette activité (street et agressif) rapprochent cette activité des pratiques de glisse qui sont un phénomène de fond et non une simple mode.

Les manifestations de masse se multiplient comme ce fût le cas à Paris les 13 et 14 octobre 1997 où un certain nombre d'axes de la capitale étaient réservés aux activités récréatives et en particulier les rollers (3500 pratiquants estimés, ou 50000 personnes à Lausanne chaque année). Mais également certaines "concentrations" de rollers "institutionnalisées" le vendredi soir à La Bastille.

Reste que le fitness (ou déambulation), en concernant une population principalement adulte, pourrait très bien devenir une activité importante d'ici quelques années. Cette activité, développée depuis longtemps aux Etats-Unis, tend à s'étendre sur le continent européen. Les regroupements de masses sont la preuve de l'importance du phénomène. Le succès croissant de ce type de manifestation est par ailleurs la preuve de son intérêt.

Ces pratiques sont des activités déambulatoires et/ou récréatives accessibles par tous car leurs zones d'expressions sont principalement les espaces publics des centres urbains. Les limitations d'accessibilité sont de plus en plus nombreuses (arrêtés municipaux: Lyon RGC 1991, Colmar août 1997, Gap juillet 1998, Montpellier 1998…) alors que ces pratiques continuent de se développer tout en réussissant à faire ériger des équipements spécifiques adaptés à leurs aspirations ponctuelles.

Il convient donc d'évaluer les demandes et les besoins réels des pratiquants afin d'alimenter les réflexions autour de thèmes intéressants des spécialistes de l'aménagement urbain et des décideurs politiques. Notamment pour se déterminer sur la pertinence de concevoir des couloirs de déambulations et des rollers parks spécifiques si cette pratique se révélait principalement liée aux spectacles de rues (street) dans l'espace public.

Au-delà, c'est également une réflexion sur l'animation et l'aménagement urbain dont il est question, étudier si la ville, à travers ce type de pratique, était devenue un espace ludique et récréatif total.

II ConsEquences sur les amEnagements urbain.

Il convient de rester modeste et prudent quant aux propositions d'aménagements qu'il conviendrait de réaliser, afin d'éviter des déboires survenus depuis quelques années concernant des équipements devenus rapidement obsolètes en raison d'analyses partielles et de précipitations politiques (rampes de skateboard des années quatre-vingts et J-Sports en 91). Les approches doivent être différenciées selon les lieux et les publics concernés. Cela d'autant plus que les "besoins" comme les demandes exprimées ne sont pas identiques.

1 - Pour le skateboard et le roller.

Le nombre de pratiquants outre atlantique pourrait créer un effet d'appel. Certains profitent de cet engouement pour chercher à se servir des chiffres afin de créer un effet de masse à l'image de "l'édito" du Roller mag numéro 17 de septembre 1997 où Philippe Houvion déclare:<< nous représentons une force économique suffisamment grande pour que nous soyons écoutés et pris en compte. Il ne tient qu'à nous d'obtenir des skates-parks et des pistes. Alors, profitons de la rentrée, faisons le point sur nos besoins et unissons-nous pour que les autorités locales et nationales y répondent>>. Devant l'importance du phénomène, certains essayent de s'organiser pour obtenir des équipements, il n'est plus question ici <<d'inorganisés et d'informels>> que certaines municipalités décrivent.

A l'image de ce qui se passe pour le snowboard actuellement et qui s'est passé il y a quelques années pour le funboard, le roller (plus que le skate) vit son passage à une certaine forme de massification en présentant épreuves de masse et compétitions. Il semble que pour le moment les pratiquants ne soient que très peu attirés par les aspects compétitifs. Les <<contests>> attirent de nombreux spectateurs, toutefois, la base de la pratique demeure autonome sans intervention extérieure. Ces pratiques, si elles développent néanmoins une élite professionnelle qui sert de point de mire, restent des activités récréatives accessibles à tous car leurs zones d'expression sont principalement les espaces publics des centres urbains pour le <<street>>. Comme les limitations d'accessibilité sont difficiles à faire appliquer, ces pratiques peuvent très bien continuer à se développer, tout en réussissant à faire ériger des équipements spécifiques adaptés à leurs aspirations. Les groupes ne sont pas institutionnalisés, ou très rarement, mais les projets d'installations se développent dans toute la France.

Bien que ces deux activités présentent des différences importantes, elles semblent nécessiter des traitements urbanistiques proches. Au regard des approches actuelles, il semblerait que deux tendances principales se dessinentet . L'une consisterait à créer des skates-park et/ou des rollers-park pour tenter de déplacer artificiellement les pratiquants autonomes des centres urbains. L'autre consisterait à tolérer ces usages en espérant qu'ils disparaîtront.

La première approche doit être envisagée comme une des réponses possibles, si l'on ne se laisse pas croire qu'il y aura désertion des espaces <<détournés>> en centre ville. Il apparaît comme logique, que ce type de pratique ne se satisfera pas d'une sorte de stade spécifique (aussi performant soit-il comme c'est le cas à Marseille), dans la mesure où c'est le street qui est la référence de glisse actuellement. Cela semble indiquer, que ces skates-parcs devraient être conçus comme de véritables parcs paysagers urbains où tous les moindres coins du site peuvent être exploités à des fins récréatives et/sportives. C'est à dire que les skates-parks à créer ne devraient être ni plus ni moins que des espaces publics urbains, avec des rues, des places, des fontaines et des statues. Mais des espaces publics qui, du bitume d'accès au site, aux éléments de décors urbains créés, aux bancs, aux poubelles, aux bacs à fleurs, soient pensés et réalisés pour qu'ils puissent être utilisés par toutes sortes de sportifs urbains et en premier lieu des skaters et des rollers s'il s'agit d'une réflexion sur ces pratiques. Cela sous entend une réflexion sur l'ensemble de la zone à aménager, sur ses accès, sur son entretien et sa gestion éventuelle. Cela ne saurait se limiter à la forme du site mais également aux matériaux utilisés pour créer et aménager des surfaces qui vont être en contact avec les planches ou les roues des engins. La couleur des matériaux utilisés doit être choisie avec attention. Bon nombre de sites actuels sont réalisés avec des revêtements clairs ce qui a pour conséquences de laisser apparaître des traces lorsque les sportifs urbains frottent dessus avec leurs skates ou leurs rollers. Il faudrait dès lors, choisir des bétons ou des roches qui favorisent le roulement tout en utilisant plus communément des couleurs sombres et mat. Des matériaux qui ne marquent pas, soit parce que leur consistance résiste, soit parce qu'ils auraient été préalablement traités, pourraient être utilisés. De cette manière, une certaine forme de pollution visuelle qui discrédite certaines de ces pratiques disparaîtrait.

Autre aspect important, qui peut paraître insignifiant, serait de limiter les angles vifs pour ne pas favoriser l'érosion due aux frottements des planches sur le sol. Les marches des parvis des cathédrales ou des voies urbaines pourraient très bien ne pas être systématiquement conçues, ni avec des angles droits, ni avec des surplombs, résultat d'un aménagement en plusieurs morceaux comprenant une dalle plane reposant et surplombant les supports. Après quelques passages d'engins (sportifs ou non: skates, rollers mais également poussettes et vélo d'enfants) les dalles ainsi posées se retrouvent ébréchées. Cette approche de traitement des revêtements, ainsi que du mobilier urbain, nous ferait entrer dans une nouvelle ère de conception de la ville, le temps où l'on aménagerait l'espace afin qu'il puisse être utilisé pour de multiples choses et contribuer à la réalisation d'une véritable cité. Cela signifie que l'on soit capable de déterminer quels sont les risques de dégradation liés à des pratiques qui, pour l'instant, sont assimilées à des usages parasitaires.

Toutefois, la confrontation des usagers doit être étudiée dès à présent, surtout si l'on pense que les pratiques ne vont cesser de se développer et de se créer. A l'image du snake, sorte de skate coupé en deux mais lié par un axe central qui lui permet de créer un mouvement oscillant tel un reptile, d'où son nom. Autre exemple, celui des street-luges qui semblent apparaître dans les régions possédant un peu de relief.L'ensemble de ces formes d'activités récréatives et sportives, mais également d'autres qui vont être inventées, vont contribuer à enrichir le nombre d'usagers se déplaçant avec de petits engins urbains. Si les automobiles sont interdites dans la cité, toutes ces pratiques vont investir les chaussées disponibles. L'interdiction n'apparaît pas comme une position tenable à long terme, car une partie de ces usagers seront adultes et donc citoyens ayant le pouvoir de voter.

En effet, si la première génération de pratiques de glisse s'est diluée rapidement, la tendance actuelle parait présenter des caractéristiques dont on serait avisé de chercher à bien saisir toutes les facettes, pour préparer efficacement le futur. La Génération Glisse décrite par Alain Loret est une des expressions d'une nouvelle culture plus urbaine, plus individualiste, plus spontanée que ne l'était nos anciennes formes de pratiques sportives. Il n'en demeure pas moins que ces espaces de pratiques doivent, pour les équipements à créer (Micro Sites à Aménager: M.S.A.), se situer près des accès des moyens de transports collectifs: bus, métro, tramway…afin d'être accessibles aisément. Leur implantation doit se faire dans des lieux présentant un espace assez vaste pour que les nuisances sonores ne soient pas préjudiciables aux regroupements de personnes quelques fois exubérantes.

Dans le projet actuel de la Ville de Lyon, il est proposé un espace déjà identifié il y a dix ans (projet de 1988) comme lieu intéressant pour un micro-site lors du projet d'aménagement d'espaces de loisirs sportifs avec l'agence d'urbanisme. Cependant, nous devons constater que le projet de skate-park actuellement en préparation à Lyon, a eu au moins le mérite de faire aborder par les différents services de l'agglomération lyonnaise (Mission Gerland, service des sports et service des espaces publics de la Ville de Lyon,) la question des nouveaux usages sportifs dans une zone en rénovation urbaine.

A Lyon, on s'oriente vers l'utilisation pour le skate et le roller, une dalle de 4500 m2 existant dans une ancienne usine désaffectée sur deux niveaux différents. Dès lors, et puisque cette friche industrielle se trouve dans une zone qui va être transformée en parc, il me semblait plus pertinent de travailler sur une logique de création d'une place publique pensée pour les pratiques récréatives. En réfléchissant sur les possibilités offertes par la présence d'un sous-sol, il me semble souhaitable de s'orienter vers un espace semi-couvert (par une couverture partielle) pouvant ressembler à une agora en arc de cercle. Cela aurait pu favoriser les possibilités de spectacle et aurait permis également de mixer les usages de cet espace avec des activités récréatives et des activités culturelles. Les propositions d'aménagements faites, à l'image du "haut lieu" du roller ete du skate à Lyon qu'est la Place Louis Pradel, était de varier les surfaces de glisse et d'appuis, en proposant toutes sortes de déclivités, des marches, des pans inclinés, des trous, des reliefs de toutes formes, de toutes tailles….

Au-delà d'activités purement sportives, cet espace aurait pu être considéré comme un des pôles structurant de ce nouveau parc urbain, en accueillant diverses formes d'expressions urbaines, telles les pratiques de cirque qui se développent beaucoup actuellement. Les réflexions actuelles concernant les aménagements destinés aux pratiquants autonomes doivent sensibiliser les acteurs de l'aménagement urbain aux exigences nouvelles. Les opérateurs lyonnais ont choisi de s'orienter vers un site proche de l'exemple Marseillais: un skate-park très spécialisé, réalisé à partir d'un équipement indoor de 1500 m2, proposant bols et rampes en "U". Permettant la pratique en rampe mais aussi un peu de street grâce à la présence de quelques modules reproduisant le mobilier urbain. L'enveloppe budgétaire d'environ 20 millions de francs permettrait en outre de proposer dans cet espace couvert, un espace accueillant des gradins pour effectuer des <<contests>>. Les 3 000 m2 outdoor, devant être équipés "sommairement" (dixit les responsables du projet) afin de proposer des modules relativement solides et modifiables.

Ce site devrait être confié à une association qui organiserait sa gestion et son développement. Sans présumer de l'intérêt d'un site de ce type pour l'agglomération lyonnaise, cet équipement spécifique risque de n'atteindre qu'une partie de ces objectifs, son accessibilité étant réduite et "contrôlée". D'autre part, l'espoir de certains élus de voir disparaître les pratiquants de la Place Louis Pradel relève d'un voeu qui a peu de chance d'être réalisé devant l'ampleur du phénomène lyonnais.

L'expérience nordiste est tout autre. S'inscrivant dans un projet de développement local d'un parc semi-rural incluant espace culturel, zones naturelles, local pour les jeunes et lieux de pratiques sportives et récréatives, la réflexion sur l'aménagement du site est partie d'un marché de définition. Une fois, les objectifs posés par les élus de Roncq (Nord), trois équipes d'architectes ont proposé leurs différentes approches et ont travaillé en parallèle. Au fur et à mesure, le projet s'est affiné et les trois équipes ont finalement proposé leur vision du parc. L'équipe qui a été retenue, à la différence des deux autres, n'a pas présenté les espaces sportifs et récréatifs comme un simple équipement classique type stade. Elle a, au contraire, proposé de combiner espace de déambulation, terrains de sports collectifs, espace-jeunes et zone de pratique de roller et de skate. L'originalité de ce projet de parc d'une vingtaine d'hectares proche du milieu naturel réside dans l'imbrication des espaces et notamment par le fait que les alentours et le toit de l'espace-jeune (réalisé en gradins), soit à la fois un belvédère d'observation pour les terrains de sports mais aussi, et surtout, un espace pensé dans sa conception pour qu'il puisse accueillir rollers et skates dans une logique << street>>. Ainsi, marches, murets, bancs, conduits d'évacuation des eaux usées, ont-ils été placés et pensés pour pouvoir supporter des activités récréatives de roule. Dans ce projet, d'une vingtaine de millions de francs également, la part de l'espace pour les rollers est infime puisque c'est l'espace culturel qui absorbe la majeure partie du coût. Les auteurs du projet ont volontairement axé leur démarche autour de l'espace public utilisable par tous et avec des usages différenciés selon les aspirations des roncquois.

2- Une approche urbanistique: adapter le mobilier urbain.

Dans un contexte social en perpétuelle évolution, il est nécessaire de s'interroger sur les moyens à mettre en ½uvre pour favoriser les différentes manifestations urbaines récréatives et/ou sportives. Il faut sensibiliser les aménageurs urbains au fait que la ville soit aussi un espace récréatif à vocation sportive. Dès lors, comme des aménagements ont été conçus en pensant aux personnes à mobilité réduite, il est désormais nécessaire d'intégrer ces nouvelles données, pour que la conception des espaces publics tienne également compte des pratiques sportives autonomes dans un souci d'équité sociale et d'économie. Il serait, en effet, plus profitable à la collectivité d'envisager les potentialités des sites urbains à partie de leurs formes (rues, places, trottoirs…), leurs objets (poubelles, bancs, rampes, …) et de leurs revêtements, pour choisir les matériaux et les couleurs de ceux-ci. Proposer des matériaux résistants et sombres, cela pourrait éviter que les sportifs autonomes ne fassent des marques sur le mobilier urbain en limitant les pollutions visuelles. De fait, il s'agit plus d'une proposition visant à permettre que ces pratiques soient tolérées plus rapidement. En effet, le fait de "marquer" l'espace est générateur d'opposition totale de la part des détracteurs de ces activités qui voient une détérioration de l'espace collectif. Ne pas prendre des matériaux trop friables, c'est ne plus avoir trop de marches écornées par les skaters. Tout comme alterner surfaces roulantes et plus rugueuses, permettrait de trouver un équilibre entre tous les usagers des centres urbains et utiliser des matériaux qui absorbent le bruit afin de limiter les nuisances sonores.

Ces approches sont nécessaires si l'on souhaite construire des villes accueillantes pour l'ensemble des activités sociales. La conception des espaces publics urbains ne doit pas être centrée uniquement sur les circulations. La fluidité des circulations a vidé les espaces publics en limitant leur fonction de zone d'échanges. Nos villes occidentales s'engagent actuellement dans des processus de limitation des circulations automobiles et tentent de faire reconquérir les centres par des pratiques piétonnières. Dans la continuité de cette démarche, il faudrait repenser la cité à partir des usages urbains identifiés aujourd'hui. Chercher à adapter le mobilier urbain, c'est ouvrir la ville aux pratiques sociales dans toutes leurs composantes.

De la même façon, il serait souhaitable de convertir les friches industrielles, existant dans certaines de nos villes, en parcs urbains dans la perspective d'un développement durable, on s'engagerait dans un processus de régénération de l'urbain et de préservation des espaces publics.

III- Des approches à concevoir et à promouvoir.

Il faut garder à l'esprit qu'il ne peut y avoir d'utilisation efficace des différents outils que lorsque les spécificités des sites à aménager, à concevoir ou à maintenir, sont établies. En effet, les usages que l'on souhaite développer (ou entretenir), conditionnent les indicateurs qu'il conviendrait de mettre en place pour obtenir des évaluations efficaces. Dès lors, il semble nécessaire d'essayer d'adapter les différents moyens que peuvent fournir l'ethnologie et le management. Tous les espaces n'ont ni la même vocation, ni les mêmes publics. L'élaboration de tableaux de bords spécifiques à chaque type d'espaces est nécessaire, sans toutefois être suffisant. Dans la mesure où leurs objectifs ne se ressemblent pas, il faudrait chercher à cerner très précisément les différentes formes que pourraient prendre les indicateurs pertinents nécessaires aux évaluations. Une approche ethnographique apporte un plus par rapport à une approche managériale classique en analysant le lien social qui unis les usagers des sites et les caractéristiques du lieu.

Qu'il s'agisse de macro-structures ou de micro-sites la complexité réside dans la construction des outils pertinents pour chaque espace. Les outils classiques du management tels que l'étude de faisabilité et la programmation peuvent être réalisées mais les problèmes d'évaluation nous confrontent à la spécificité même de ce type d'espace. Ceux-ci sont liés à des usages autonomes, ponctuels, hétérogènes, éphémères. De plus ces microstructures sont susceptibles d'être requalifiées d'une manière différente de ce que l'on peut observer.

Dans certains cas, ces équipements peuvent même être conçus avec l'idée que dès leur mise en fonction les utilisateurs en feront autre chose. En effet, en intégrant l'idée que notre société évolue et que les demandes sociales varient avec elle, il est nécessaire d'envisager que même en collant au mieux aux aspirations des utilisateurs potentiels, partenaires dans la conception du site, il est toujours possible que des variations d'usages apparaissent. Intégrer cette dimension d'évolution possible, peut être la manière de préparer les utilisateurs et les concepteurs du projet à voir les équipements s'adapter à leur époque. Mais également, c'est faire accepter aux décideurs politiques que la ville est évolutive et à travers elle, c'est l'ensemble de ses éléments constitutifs qui changent et acquièrent de nouvelles fonctions et de nouvelles valeurs. De fait les difficultés s'accumulent pour repérer les critères des évaluations ultérieures.

L'histoire des équipements sportifs a, de nombreuses fois, montré des expériences d'aménagements dont les limites sont importantes: C.O.S.E.C., projet des "J-Sports"…, ainsi que quelques aménagements de proximité réalisés par certaines communes. Il ne faudrait pas simplement reproduire les mêmes modèles d'équipements récréatifs de proximité, et implanter partout des installations identiques.

Ce type d'analyse peut contribuer à la conception de Schémas Directeurs des Sports et des Loisirs comme parties constituantes des S.D.A.U.(Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme). La création de tels plans permettrait de prendre en compte l'ensemble des besoins d'aménagements récréatifs, sportifs ou non, à l'échelle d'une commune ou d'une agglomération. Cela peut contribuer également à identifier les évolutions des usages urbains en cours. Cela nécessite la constitution ou l'utilisation de groupes d'études pluridisciplinaires qui, en suivant les différents projets, seraient capables de donner une vue la plus précise possible de toutes les dimensions des aspects récréatifs et sportifs. Autrement dit, la seule analyse des phénomènes sportifs par des purs produits du système fédéral serait une erreur méthodologique manifeste.

Une des solutions qui semble s'imposer désormais aux responsables des collectivités territoriales, est l'utilisation d'outils pluridisciplinaires regroupant management, gestion, ethnologie, sociologie… quel que soit le type d'installation. Cette approche constituerait une possibilité de nourrir l'aménagement urbain de visions plurielles, éclairant d'un jour nouveau les pratiques urbaines.

Cela nécessite des études qualitatives de faisabilité dans lesquelles il s'agit de vérifier l'intérêt véritable des projets par rapport à des logiques d'échelles, lieux précis, quartiers, communes ou agglomérations. La conception d'espaces n'est possible qu'à partir de connaissances les plus fines possibles des usagers, de leurs attentes, de leurs besoins réels et de leur capacité à s'investir dans l'élaboration conjointe des projets. Il ne faudrait pas oublier la participation des riverains et des multiples partenaires (privés comme publics) qui doivent travailler en synergie pour que ces espaces ne soient pas des équipements créateurs de nuisances et vides de lien social.

Il convient d'élaborer des objectifs clairs et de préciser les moyens de les atteindre, en estimant à court et moyen terme les actions à mener; tout en s'inscrivant dans des politiques d'aménagements, qui ne soient pas systématiquement tournées vers la réalisation d'équipements structurants, trop peu modifiables ou ne permettant qu'une mono-activité.

L'évaluation est indispensable. Contrôle quasi permanent en regard des objectifs, elle apparaît comme une nécessité, tout en s'appuyant sur des indicateurs pertinents, évolutifs, susceptibles de fournir des indications précises.

Il convient avant tout de raisonner autrement par rapport aux équipements sportifs de compétition et/ou récréatifs. Il est important de s'ouvrir également à de nouvelles formes d'espaces avec de nouveaux outils de gestion. Il est nécessaire de réaliser une diversité d'espaces favorisant des formes de pratiques sportives et récréatives plurielles.

Il faut accepter que certains espaces publics tels les rues et les places (comme la place Louis Pradel), sont des lieux permettant de par leur spécificité une animation "naturelle" et contribuent à lutter contre une certaine insécurité en générant de l'activité. De ce fait, on peut considérer les pratiques sportives autonomes qui s'expriment, dans ces espaces, sont créatrices de lien entre les populations et l'espace urbain et, en ce sens, elles remplissent une mission de service public.

v Nadine Haschar-Noé

Atelier débat n°2 : Les politiques éducatives locales : Les stratégies des acteurs : l’exemple de l’aménagement du temps de l’enfant.

L’aménagement du temps de l’enfant à l’école primaire, thème récurrent au sein de l’école, a fait l’objet de nombreuses directives émanant des ministères de l’Education Nationale et/ou de la Jeunesse et des sports surtout depuis les années 80. La conjoncture liée aux lois de décentralisation, à la montée des pouvoirs locaux, à la définition de politiques éducatives locales mais aussi à la pression de la demande sociale en terme d’éducation ou de développement des activités sportives est favorable à de tels projets. Situé au centre d’une triple tension et de multiples enjeux, l’aménagement du temps de l’enfant (ATE) est un exemple pertinent pour saisir comment, au niveau local, des acteurs appartenant à différentes institutions collaborent et/ou s’opposent lors de la définition et de la mise en ½uvre de tel projet. A travers des études de cas exploratoires, nous avons pu noter que des expériences impulsées par les ministères, comme par exemple la mise en place des sites pilotes, réussissent. D’autres échouent. On peut alors se demander quelles variables du contexte local jouent dans la mise en ½uvre de telle politique (taille de la commune, milieu rural/urbain, réseaux locaux, vie associative…) ? Quelle stratégie d’appropriation mettent en ½uvre les acteurs locaux (élus politiques, enseignants, éducateurs sportifs, intervenants extérieurs, parents…) autour de tels projets ?

A partir d’une analyse comparative de deux études de cas menées sur des sites pilotes mais aux résultats contrastés, nous tenterons, à travers l’analyse des stratégies des différents acteurs impliqués, de saisir les conditions de leur réussite ou de leur échec.

I - L’AMENAGEMENT DU TEMPS DE L’ENFANT : STRUCTURE ET CONJONCTURE.

1 – Une conjoncture favorable.

Les préoccupations liées aux problèmes des rythmes scolaires ne sont pas nouvelles et les " attaques contre l’école sont contemporaines des lois de 1881 et 1882 " . Le corps médical ayant constaté une corrélation entre surmenage et échec scolaire propose dès 1887 d’aménager la journée et la semaine pour faciliter les apprentissages. De nombreuses expériences sont mises en place comme par exemple l’école des Roches en 1899, les classes de santé du professeur Latarget en 1923, l’expérience de Vanves en 1950…

Ces préoccupations connaissent un regain d’intérêt dans les années 80 avec un certain nombre de circulaires ministérielles ou inter- ministérielles: circulaire Calmat-Chevènement en 1984 visant le développement des liaisons entre école et partenaires locaux, circulaire Bergelin en 1987 mettant en place les " contrats bleus ", circulaire Jospin-Bambuck introduisant une approche globale du temps de l’enfant, circulaire Education Nationale – Jeunesse et sports – Culture en 1989 instituant les CATE , celles de 1991 relative à l’espace éducatif concerté et de 1995 mettant en place les CARVEJ . La récente publication des circulaires concernant les contrats éducatifs locaux complète ce rapide tour d’horizon.

Ces différents textes ont comme caractéristique commune le souci d’impulser la mise en ½uvre de projets locaux d’aménagement du temps de l’enfant à partir d’une large concertation entre les différents " partenaires " que sont les collectivités territoriales, les enseignants, les parents, les intervenants extérieurs…Les objectifs peuvent se regrouper en quatre grandes catégories : le respect des rythmes biologiques, la lutte contre l’échec scolaire, l’accès de tous aux activités sportives et culturelles et l’ouverture de l’école sur son environnement pour favoriser l’intégration de l’élève dans la vie locale et le monde associatif.

Bénéficiant d’une conjoncture favorable - montée du local dans le champ éducatif en liaison avec la décentralisation et la déconcentration à l’½uvre depuis le début des années 80 – ces textes favorisent la mise en place de politique éducative locale, " ensemble cohérent d’actions dans le domaine éducatif élaborée de façon concertée et relativement autonome par certaines équipes municipales " . Ces textes apparaissent aussi comme des outils stratégiques d’innovation du système éducatif en laissant aux acteurs une marge de liberté importante pour s’adapter à des contextes locaux par définition spécifiques .

2 – Des tensions structurelles.

Si les éléments de la conjoncture sont favorables à la mise en place de tels projets locaux, ils sont aussi révélateurs voire accélérateurs de tensions que l’on peut qualifier de structurelles de la société française. En effet, quand il s’agit d’aménagement des rythmes scolaires, deux axes importants sont repérables : celui de la modulation des temps d’apprentissage et celui de l’ouverture à des activités culturelles et sportives . Aborder le problème de la mise en place de nouveaux rythmes scolaires revient pour les acteurs locaux à tenter de résoudre une triple tension :

A – Une tension entre rythme scolaire et temps de l’enfant.

Les projets d’ATE concernent les temps scolaire et extra scolaire et fondent en partie leur légitimité sur les études chronobiologiques. Ces études portant sur les différents temps de l’enfant (journée, semaine, année) ont montré que les rythmes scolaires sont mal adaptés et qu’ils sont potentiellement porteurs d’échec scolaire . En ajoutant à cela le constat selon lequel l’école française a la journée la plus longue d’Europe pour le plus petit nombre de jours de cours , il semble que, loin de se contenter de simples " aménagements ", il faudrait envisager une véritable réorganisation du temps de l’enfant. Celui ci étant en relation avec d’autres temps sociaux (famille, vacances, travail des parents…), des modifications profondes se heurtent à de nombreuses résistances compte tenu des intérêts divergeants du monde adulte (enseignants, parents, professionnels du tourisme….).

B – Une tension entre impulsion nationale et mise en ½uvre locale.

La commune possédait déjà de nombreuses compétences en ce qui concerne les écoles primaires depuis la fin du 19° siècle mais avec les lois de décentralisation, sa marge de man½uvre s’est accrue particulièrement pendant les temps péri et extra scolaires : mise en place d’activités complémentaires, modifications des horaires scolaires…Ces lois donnent " plus d’assurance aux collectivités et justifient des prétentions politiques, y compris d’ordre pédagogique, ce que l’Etat accepte plus ou moins bien " . Au niveau de l’Education Nationale, le projet d’école, outil de traduction des objectifs nationaux au contexte local, est un élément majeur de l’autonomie relative des établissements primaires. La marge d’action des acteurs locaux, élus municipaux et personnels enseignants, s’est donc accrue, mais cette situation nécessite de nouveaux modes de relations entre ces acteurs " confrontés simultanément à la nécessité de réaliser un accord local sur les orientations de la politique scolaire et de trouver de nouveaux modes de travail en commun " . Entre orientations nationales et priorités locales l’école apparaît comme " un lieu à prendre ", un espace de jeu pour les acteurs locaux surtout lorsqu’une innovation comme l’ATE, impulsée par l’Etat, risque d’engager une recomposition de l’espace éducatif local .

C – Une tension entre ouverture et fermeture de l’école sur son environnement.

Le projet d’ATE implique une ouverture de l’école sur son environnement et un partenariat entre les personnels enseignants et des intervenants extérieurs. La notion de partenariat, terme en vogue dans le domaine scolaire, est en rupture avec deux grands principes de base de l’école de la III° République : " l’école-asile " sensée protéger les enfants des mauvaises influences extérieures et l’école Républicaine, neutre et laïque . En parlant de " partenaires habituels du système éducatif ", le ministre Savary introduit en 1981, sans les nommer précisément, une catégorie d’acteurs aux contours flous et avec lesquels aucune habitude de travail n’est construite . Conjuguée aux effets de la décentralisation, la banalisation du terme de partenariat introduit des " zones d’incertitudes nouvelles " dans le système que forment les établissements, leur environnement et la hiérarchie scolaire. Cela nécessite d’instaurer un nouveau type de rapports, d’accepter une relation conflictuelle et de prendre en compte des intérêts quelquefois contradictoires. L’ouverture de l’école sur son environnement et le nécessaire partenariat qu’elle implique soulèvent de nombreuses questions concernant les positions institutionnelles et statutaires des acteurs d’une politique éducative, les objectifs qu’ils visent et leur logique (conjointe ou disparate) la nature des projets construits et la légitimité sur laquelle ils s’appuient (politique, éducative, sociale, pédagogique…) pour justifier ou revendiquer leur participation aux décisions .

En se situant à la confluence d’une triple tension - temps de l’enfant et aménagement des rythmes scolaires, initiative nationale et innovation locale, ouverture et fermeture de l’école – et de multiples enjeux, la mise en ½uvre locale de projets d’ATE apparaît comme un moyen d’étude privilégié des stratégies des différents acteurs et des conditions de leur mobilisation.

II – CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIE.

1 – Cadre théorique.

Le cadre théorique sur lequel nous nous sommes appuyés pour réaliser ces études est celui de la sociologie des organisations qui postule qu’au sein d’un système, chaque acteur possède une marge de liberté pour développer des stratégies en fonction d’objectifs qui lui sont propres, stratégies d’une rationalité limitée lui permettant de maintenir ou d’améliorer sa position dans le système. L’analyse stratégique que nous avons menée s’est donc basée sur les trois concepts clés de cette théorie, le système d’action concret, les zones d’incertitude et le pouvoir.

La mise en place d’un projet d’aménagement du temps de l’enfant, parce qu’il mobilise un certain nombre d’acteurs autour d’un objectif commun et leur permet de résoudre des problèmes concrets, peut être considéré comme un système d’action concret, " un ensemble humain structuré qui coordonne les actions des participants par des mécanismes de jeux relativement stables et qui maintient sa structure, c’est à dire la stabilité de ses jeux et les rapports entre ceux ci par des mécanismes de régulation qui constituent d’autres jeux " . Dans ce système où se construisent des relations entre des acteurs appartenant à des institutions différentes, nous avons différencié deux types de réseaux, des réseaux institutionnels - entre acteurs appartenant à une même institution- et des réseaux inter-institutionnels associant des acteurs d’au moins deux institutions différentes. Nous avons ensuite différencié des réseaux " horizontaux " et des réseaux " verticaux " .

Dans une commune, le fait de devenir site pilote, c’est à dire lieu d’expérimentation d’une innovation, ouvre un " espace de jeu " à de nouveaux acteurs et par conséquent crée des " zones d’incertitude " sur les solutions à venir. Cette " turbulence " renouvelle les enjeux autour desquels se mobilisent les acteurs, enjeux définis comme " ce que l’acteur peut s’attendre à gagner ou à perdre dans l’action qu’il entreprend et l’importance de ce gain ou de cette perte à ses yeux " . En fonction des gains ou des pertes attendues, les acteurs se mobiliseraient plus ou moins pour la réussite du projet. L’enjeu central comme dans toute organisation humaine, est alors un enjeu de pouvoir c’est à dire " la capacité de A d’obtenir que, dans sa relation avec B, les termes de l’échange lui soient favorables " .

Nous faisons l’hypothèse que, pour orienter le projet ATE en leur faveur et contrôler les " zones d’incertitude ", les acteurs locaux utilisent des stratégies relationnelles et donc des types de réseaux différents.

2 – Méthodologie.

Cette étude comparative s’appuie sur deux études de cas réalisées sous notre direction par des étudiants de 2° et 3° cycle de l’UFR STAPS . Elles se sont déroulées dans deux communes sollicitées par le Ministère de la Jeunesse et des Sports pour devenir site pilote dans le cadre de l’expérimentation " Aménagement des rythmes scolaires " en 1995.

La méthodologie de recueil de données s’est organisée en deux temps :

  • Un premier temps pour situer le contexte d’intervention (géographique, socio-démographique, politique…) des communes et répertorier les acteurs en présence selon cinq catégories : les élus municipaux (maire, maires adjoints), les membres de l’Education Nationale (Inspecteur d’Académie, directeur d’école, instituteurs, conseiller pédagogique), de la Jeunesse et des Sports (directeur départemental, conseiller), du mouvement sportif (président de club, animateurs sportifs) et les représentants élus des parents d’élèves ; ce premier recueil de données a été complété soit par une observation participante lors de réunions de travail soit par l’analyse de compte rendus de réunions antérieures ;

  • Un deuxième temps a consisté à réaliser des entretiens semi-directifs auprès de tous les acteurs participant à l’élaboration du projet de site pilote pour comprendre leur position respective et les stratégies mises en ½uvre ;

Sur ce corpus d’entretiens, nous avons procédé à deux types d’analyse :

  • une analyse quantitative par l’intermédiaire du logiciel Alceste permettant de classer les énoncés en fonction du vocabulaire employé par les acteurs et de les regrouper par " mondes lexicaux ". Cette première analyse exploratoire du corpus permet de dégager des pistes sur les positions respectives des différents acteurs et les axes d’interprétation possibles ;

  • une analyse qualitative du contenu des discours par thèmes, leur fréquence d’apparition pour les différents acteurs et les arguments utilisés.

A partir d’une synthèse de ces deux études de cas, l’étude comparative entre une commune (nommée C1) où la mise en place du site pilote a échoué et une commune où elle a réussi (nommée C2) devrait nous permettre de dégager quelques éléments d’interprétation. Nous nous sommes centrés plus particulièrement sur trois éléments d’analyse :

  • la phase d’élaboration du projet et les procédures de concertation utilisées ;

  • le rôle des acteurs de niveau intermédiaire des ministères concernés, Education Nationale et Jeunesse et Sports ;

  • les " zones d’incertitude " créées par le projet et les réseaux d’alliance locaux utilisés par les acteurs pour bloquer ou favoriser le projet.

III - Deux cas aux résultats contrastés : propositions d’analyse.

1 – Eléments du contexte local.

La commune C1, située en Haute Garonne, à proximité de Toulouse, est de taille modeste (2 000 habitants). Ancienne commune rurale à la démographie vieillissante, elle s’est transformée ces dernières années en zone résidentielle pour cadres et employés du tertiaire travaillant à Toulouse ou dans sa proche banlieue. Elle possède une école primaire située au c½ur du vieux village et mitoyenne du centre de loisir municipal. Symbole de la " nouvelle jeunesse du village ", cet ensemble constitue pour la municipalité le " centre de vie et d’animation " de la commune et un lieu de rencontres entre habitants.

La commune C2, située en Ardèche compte 8500 habitants et possède 4 groupes scolaires dont un situé en ZEP (Zone d’éducation prioritaire). Elle apparaît comme un pôle de développement local compte tenu de son statut de chef lieu de canton. La politique éducative municipale vise à coordonner ces différents groupes scolaires, à créer des liens sociaux entre les différents quartiers de la ville et à les intégrer davantage dans un projet éducatif local.

Bien que de tailles différentes, ces communes sollicitées pour mettre en place un site pilote ont un point commun, celui d’avoir mis en place depuis plusieurs années une politique éducative locale autour de différents projets : CATE, contrat Ville-enfant, projet ARVEJ, animations d’été, développement d’un centre de loisir municipal dans les temps péri et extra-scolaires. Elles présentaient donc, à priori, une contexte favorable à la mise en place d’un site pilote. Cependant l’analyse comparative des processus d’élaboration du projet et des procédures de régulation des relations entre acteurs fait apparaître des différences notables entre les deux communes sur plusieurs points.

A – La phase d’élaboration du projet et les modalités de concertation entre les acteurs.

Au plan formel, la mise en place du projet s’est réalisée de façon très différente. En ce qui concerne la commune C1, les différents acteurs s’entendent sur le fait qu’ils ont été placés par le Ministère de la Jeunesse et des Sports dans " une situation d’urgence ". Sans avoir été concertés directement et formellement par le ministère, l’ensemble des acteurs locaux ont appris par la presse que leur commune figurait sur la liste des sites pilotes. Cet " effet d’annonce trop rapide et médiatique " a provoqué des tensions au sein de la communauté éducative, tensions dues selon les acteurs au peu de temps qu’il leur était donné pour formaliser un projet cohérent et faisable . Au delà de cette raison invoquée, il semble que les modalités de concertation au sein de la commune C1 soient restées très informelles comme le montrent les discours contradictoires concernant le nombre de réunions, leur contenu et les personnes consultées. A l’inverse, dans la commune C2, la mise en place d’un groupe de pilotage dès l’annonce du projet a permis de rassembler l’ensemble des acteurs. Ce groupe avait pour mission de définir les objectifs communs et un cadre de travail précis mais aussi d’assurer le suivi et l’évaluation du projet. Sans que la municipalité ait créé un poste de coordonnateur, le groupe de pilotage a fonctionné comme un véritable centre décisionnel local où se construisaient et se discutaient les axes de travail et d’action. La mise en place d’une telle structure apparaît comme une des conditions clés dans la phase d’élaboration d’un projet.

B – La position respective des représentants des ministères de l’Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports.

Dans les deux communes, les élus municipaux sont favorables à la mise en ½uvre du site-pilote, moyen d’intégrer davantage les projets d’école dans un projet éducatif local global. Il n’en n’est pas de même en ce qui concerne les représentants des organes déconcentrés des deux ministères, l’Inspecteur d’Académie et l’Inspecteur Jeunesse et Sports. Des positions divergentes vis à vis du projet ont constitué un frein à sa mise en ½uvre dans la commune C1. Bien que, selon certains acteurs, le projet soit relativement bien avancé, l’Inspecteur d’Académie a refusé de donner son accord et "de fait, il y a eu blocage ". Plusieurs explications issues de l’analyse des entretiens peuvent être avancées: le rôle très actif et les nombreuses initiatives prises par un conseiller pédagogique départemental, initiatives peu appréciés par son supérieur hiérarchique peu désireux de soutenir le projet, la stratégie de " défense du territoire " des acteurs de l’Education Nationale (Inspecteur d’Académie, enseignants et syndicats) contre la " pénétration de l’école " par la Jeunesse et les Sports et enfin le manque de concertation entre les deux représentants des ministères concernés. A l’inverse, au sein du groupe de pilotage de la commune C2, les deux représentants des ministères apparaissent conjointement très favorables au projet et travaillent en collaboration : ce qui apparaît primordial dans leur stratégies est le maintien du projet " coûte que coûte " quitte à faire des compromis sur les règles à respecter. Par exemple, la réduction du temps scolaire, qui était une condition absolue pour intégrer le site-pilote selon les textes Jeunesse et Sports, devient une condition relative pour trois écoles sur quatre compte tenu de la " résistance " des équipes pédagogiques. Autre exemple, le choix des intervenants extérieurs et leur agrément normalement dévolus à l’Inspecteur d’Académie sont discutés entre les représentants des deux ministères et les enseignants.

On voit donc comment, même si un continuum existe entre les différents niveaux hiérarchiques de l’Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports, l’engagement des niveaux intermédiaires en faveur ou non des projets peut constituer un frein ou un facilitateur à leur mise en ½uvre.

C – Les " zones d’incertitude " crées par l’ATE et les réseaux de relations entre acteurs.

L’analyse lexicale et qualitative des entretiens nous a permis de repérer les " zones d’incertitude " créées par l’ATE, " zones " que chaque acteur (ou groupe d’acteurs) va tenter de contrôler en sa faveur. Deux " zones d’incertitude " dont le contrôle par les acteurs apparaît comme central dans les deux études de cas se dégagent : l’une concerne la délimitation, l’organisation et la répartition du temps entre scolaire et le péri-scolaire, l’autre les relations entre enseignants et intervenants " extérieurs " (thèmes d’intervention, modalités, activités…) .

1 – Temps scolaire et péri-scolaire.

Dans la commune C1, la mise en place du site-pilote nécessitait des modifications des emplois du temps journalier, hebdomadaire et annuel de l’école: horaire de rentrée du matin avancé, réduction du temps scolaire journalier pour introduire, dans l’horaire de début d’après midi 3 heures d’activités sportives ou culturelles, reprise des cours à 15 h, ouverture de l’école le mercredi toute la journée, réduction des petites vacances. Ce projet s’est heurté à la résistance des enseignants qui refusaient de travailler le mercredi après-midi, de modifier leurs horaires d’intervention journalier et de morceler les temps scolaire et péri-scolaires. Implicitement soutenus par leur hiérarchie et explicitement par leurs organisations syndicales, les enseignants utilisent des réseaux institutionnels verticaux pour faire pression au niveau local. Les parents, sollicités pour s’impliquer dans l’encadrement des activités péri-scolaires, considéraient le changement trop rapide et trop radical par rapport à leurs habitudes et à leurs contraintes professionnelles. Ils se sont donc aussi opposés aux aménagements horaires, par l’intermédiaire de leur fédération.

Dans la commune C2, la réduction du temps scolaire hebdomadaire, imposée par les textes Jeunesse et Sports, est négociée au niveau local entre les différents acteurs. L’école située en ZEP est la seule à accepter une réduction du temps scolaire. Les trois autres écoles refusent ce qu’elles nomment une " concession " voire une " soumission " à des ordres n’émanant pas de leur ministère de tutelle et leur faisant perdre des avantages (réduction des vacances, changement des habitudes de travail). Après accord entre les deux représentants des ministères Education Nationale et Jeunesse et Sports qui souhaitent impliquer toutes les écoles dans le projet, la réduction du temps scolaire n’est plus " imposée " mais fortement " encouragée " par des dotations supplémentaires.

Dans l’exemple de ces deux communes, la réduction de l’horaire scolaire hebdomadaire est un point sensible de négociations entre les acteurs. Ceux s’opposant à cette réduction utilisent des réseaux institutionnels " verticaux " pour défendre leur position (hiérarchie, syndicat, fédération) ceux plutôt favorables utilisent des réseaux inter-institutionnels " horizontaux " pour tenter de trouver un compromis local. La modification du temps de l’enfant, si elle bouscule d’autres temps sociaux en particulier celui des adultes (enseignants, parents) pose aussi la question des changements des modalités de travail entre enseignants et intervenants extérieurs

2 – Les relations entre enseignants et intervenants extérieurs.

Dans les deux communes, les actions menées lors de projets antérieurs entre l’école et les associations sportives et culturelles avaient abouti à un partage des temps d’intervention entre enseignants et intervenants extérieurs : les enseignants intervenaient pendant le temps scolaire et les

 
 

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